Les Etats-Unis bloquent un accord sur le libre-échange lors du G20
Washington est resté campé sur ses positions. Réunis à Baden-Baden en Allemagne, les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G20 n’ont pas été en mesure samedi de dégager une vision commune sur le commerce international. Des délégués ont expliqué que les Etats-Unis avaient fait obstacle à toute possibilité d’aboutir à un consensus ou à un compromis sur ce point, lors d’une réunion qui s’est parfois apparentée à celle d’un pays contre 19 autres.
Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a assuré que son pays continuait «de croire au libre-échange» mais voulait «revoir certains accords commerciaux», comme l’Alena, l’accord liant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Contrairement à toutes les réunions du G20 organisées depuis dix ans, le communiqué final ne fait donc pas explicitement référence à la lutte contre le protectionnisme ni à la promotion du libre-échange.
Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a déploré que le G20 n’ait pu s’entendre sur deux priorités que Paris juge essentielles, à savoir la lutte contre le changement climatique, «y compris dans son volet financement», ainsi que le libre-échange, en se disant convaincu du besoin «d’une résolution des conflits commerciaux dans un cadre multilatéral». Les pays européens misent sur un assouplissement du point de vue américain d’ici au sommet du G20 des chefs d’Etat et de gouvernement, prévu début juillet à Hambourg.
Les grands argentiers du G20 ont en revanche convergé sur la lutte contre l’évasion fiscale et le financement du terrorisme. Les pays membres s’engagent aussi à s’abstenir de toute dévaluation compétitive. Enfin les participants ont soutenu la mise en place de nouvelles règles prudentielles pour les banques, apaisant les craintes de voir la nouvelle administration américaine sortir du processus de Bâle 3.
Ils confirment leur soutien au Comité de Bâle pour qu’il finalise le cadre réglementaire de Bâle 3 «sans augmenter significativement les exigences de fonds propres du secteur» et en veillant à promouvoir des règles équitables. «La crise financière nous a douloureusement montré les dégâts économiques que peuvent provoquer des marchés financiers insuffisamment régulés», a déclaré Jens Weidmann, président de la Bundesbank.
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