Les enquêtes sur le marché des changes mobilisent les banques

Face aux menaces de poursuites, de nombreux établissements montrent des signes de bonne volonté en coopérant avec les autorités
Antoine Landrot

Après le scandale de la manipulation du Libor, le taux de référence de la City, les soupçons de pratiques similaires sur le marché des changes provoquent de profonds remous au sein des banques d’investissement. Les régulateurs britannique (la Financial Conduct Authority, FCA), suisse (Finma) et américain ont ouvert des enquêtes sur le mode de fixation des taux de change WM/Reuters. A l’occasion ou à la veille de la publication de leurs comptes trimestriels, beaucoup d’établissements ont annoncé avoir lancé des enquêtes internes.

Royal Bank of Scotland a ainsi reconnu hier analyser ses pratiques en la matière. L’établissement a également admis avoir envoyé un courrier électronique à certains clients fin octobre pour les rassurer. Selon l’agence Bloomberg, RBS affirme dans ce courriel ne jamais avoir communiqué leurs ordres à des traders d’autres banques ni les avoir utilisés pour prendre des positions inverses et réaliser des gains pour son propre compte. Elle indique également être en train de vérifier ses méthodes de trading de devises dans les minutes qui précèdent la fixation des taux.

L’agence de presse a révélé la semaine dernière que la banque écossaise avait transmis à la FCA le contenu d’une messagerie instantanée, après s’être aperçue du caractère inapproprié de certaines communications entre l’un de ses traders et plusieurs contreparties, chez Citigroup et Barclays notamment.

Barclays, qui occupe une part de marché de 10% sur le marché des changes selon l’enquête Euromoney, a pour sa part indiqué hier qu’il réexaminait ses opérations de change sur plusieurs années, de conserve avec le régulateur. La veille, Deutsche Bank – premier acteur ex-æquo aux côtés de Citigroup sur les changes, avec une part de marché de 15% – et UBS avaient indiqué qu’elles coopéraient également avec leurs autorités de tutelle.

Certains acteurs prendraient des décisions plus radicales. Selon Reuters, JPMorgan, qui collabore aussi avec la FCA, aurait déjà écarté son responsable du trading sur les devises à Londres (sans pour autant le licencier).

Le zèle avec lequel ces banques coopèrent est aussi une conséquence des amendes conséquentes infligées par diverses autorités dans le scandale de la manipulation du Libor, le taux d’intérêt de référence de la City. Près de 4 milliards de dollars d’amendes ont été prononcées jusqu’à aujourd’hui et des poursuites pénales sont engagées à l’encontre de plusieurs professionnels.

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