Les émetteurs se précipitent sur le marché high yield en euros
Le marché obligataire à haut rendement en euros joue les prolongations. Les émetteurs high yield se bousculent après avoir été empêchés d'émettre pendant plusieurs semaines, le temps que la crainte d’une sortie de la Grèce de la zone euro s’estompe. Pas moins de 8,5 milliards d’euros ont été placés la semaine dernière sur le compartiment, sans compter 1,1 milliard d’obligations en euros non notées (voir tableau).
Le segment du sterling s’est aussi montré actif, avec 1,5 milliard d’émissions ainsi qu’un emprunt hybride non noté du distributeur Sainsbury.
«Il semble que les émetteurs ont attendu que les conditions s’améliorent et se sont précipités pour boucler leur financement avant la période calme du mois d’août, constatent les analystes de CreditSights. Sur la seule base des volumes de la semaine passée, 2015 connaîtra le plus fort mois de juillet jamais enregistré pour les emprunts high yield en euros».
La célérité des émetteurs s’explique notamment par le grand nombre d’acquisition à refinancer. Le groupe de maisons de retraite DomusVi, contrôlé par PAI Partners, a ainsi abondé une souche obligataire à 2021 afin de s’offrir l’espagnol Geriatros. D’autres sociétés détenues par des fonds ont tenu le haut du pavé. Désormais chez Cinven, Labco a levé comme prévu 1,06 milliard d’euros en trois tranches, dont 285 millions à taux variable, pour le rachat du laboratoire allemand Synlab. Verallia a en revanche revu à la baisse, à 300 millions et 225 millions, la taille des deux tranches destinées à financer son rachat par Apollo. Le producteur de revêtements de sols Balta Group, repris par Lone Star, a placé 290 millions d’euros à un rendement de 7,75%, tandis que la société allemande de gestion de crédit GFKL a pu emprunter les 365 millions d’euros permettant de refinancer le prêt-relais monté par Permira en mai.
Hors du secteur LBO, le suisse Dufry a placé 700 millions d’euros à 4,5% pour le rachat de World Duty Free annoncé au printemps. Le groupe de duty free a pu augmenter la taille de son emprunt obligataire, fixé à l’origine à 500 millions. Mais c’est surtout le japonais Softbank qui a fait gonfler les volumes la semaine dernière avec une transaction en trois tranches de 2,25 milliards d’euros au total, réalisée dans le cadre d’un emprunt multidevise qui l’a aussi vu émettre 2 milliards de dollars.
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