Les émergents renforcent leur assouplissement monétaire
Après les baisses de taux en Afrique du Sud, en Indonésie et au Brésil, celles des banques centrales russe et péruvienne sont attendues cette semaine.
Publié le
Patrick Aussannaire
La banque centrale de Russie tiendra sa réunion cette semaine.
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Photo Banque centrale de Russie
La liste de pays émergents en mode d’assouplissement monétaire s’allonge. La semaine dernière, la banque centrale du Brésil (BCB) a abaissé à nouveau son taux Selic de 100 pb, pour le ramener à 8,25%, et porter à 600 pb les baisses cumulées depuis le début du cycle il y a moins d’un an, en octobre 2016. SG CIB s’attend désormais à un taux final de 7,25%, correspondant à un assouplissement ultime de 100 pb qui permettrait de compenser entièrement les effets sur ses taux réels d’un retour de l’inflation au Brésil à environ 3%, après son plus haut de 10% atteint début 2016. Si la hausse des prix a ralenti à un rythme inférieur à 2,5% en août, sous l’effet de la hausse du taux de change du real face au dollar, les économistes prévoient qu’elle devrait se stabiliser autour de 3% en 2018.
L’apaisement des chocs inflationnistes alimenté par le mouvement de rebond des devises émergentes face au dollar, débuté fin novembre 2016 et atteignant 11%, et le besoin de soutenir leur économie ont ainsi permis au Brésil, à l’Inde, la Russie, la Turquie, la Colombie, le Pérou, le Vietnam, et récemment à l’Indonésie et l’Afrique du Sud d’entamer un cycle d’assouplissement. Les banques centrales d’Argentine, d’Ukraine, de Turquie, du Pérou, et de Russie sont attendues cette semaine. Si le consensus anticipe que seules les deux dernières devraient baisser leurs taux directeurs, de respectivement 25 pb et 50 pb pour les ramener à 3,5% et 8,5%, les autres pourraient surprendre le marché.
Ces réunions seront aussi suivies la semaine suivante par celles de l’Afrique du Sud et de l’Indonésie. Ce pays a baissé le 22 août son taux directeur de 25 pb pour le ramener à un niveau de 4,50%, après avoir observé une pause depuis octobre 2016, qui succédait à six baisses. Il a bénéficié de 9,2 milliards de dollars d’achats nets d’obligations locales depuis le début d’année de la part des investisseurs étrangers, avec une appréciation de la roupie de 3% face au dollar.
La banque centrale sud-africaine, elle, a baissé ses taux en juillet pour la première fois depuis 2012. En Inde, le fort ralentissement de la croissance au deuxième trimestre à 5,7%, a conduit le consensus à anticiper une nouvelle baisse de taux de la RBI le 4 octobre, après celle déjà concédée début août. Enfin, le consensus commence même à anticiper des baisses de taux au Mexique au cours de l’année 2018.
Pour renforcer sa sécurité économique, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à nouer de nouveaux partenariats. Elle doit notamment signer une alliance commerciale renouvelée avec le Mexique.
Confrontée à une longue chute, la monnaie indienne s’est redressée après l’annonce d’une opération de la Banque de réserve de l’Inde. Elle reste fragile, fluctuant au gré de l’évolution des prix du pétrole, en attendant la prochaine réunion de politique monétaire.
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