Les élections allemandes influenceront le projet européen
A moins d’une erreur monumentale des instituts de sondage, le parti d’Angela Merkel la CDU, avec son alliée bavaroise la CSU, est assuré de la victoire dimanche soir, avec au minimum 13 points d’avance sur le SPD de Martin Schulz dans les 12 sondages compilés par Reuters au cours des deux dernières semaines. Avec moins de 40% des voix, Angela Merkel sera toutefois contrainte à chercher un partenaire de coalition pour gouverner. L’incertitude augmente alors considérablement, quatre partis se situant dans un mouchoir de poche autour des 10% : les Verts, le parti de gauche radicale Die Linke, le parti libéral FDP et le parti populiste AfD.
Le FDP est l’allié naturel de la CDU/CSU, toutefois la majorité absolue risque de leur échapper dimanche. L’adjonction des Verts résoudrait ce problème, mais cette coalition inédite au niveau fédéral paraît difficile alors que les Verts et le FDP ont adopté des positions antagonistes notamment sur la fiscalité et l’Europe. Une reconduction de la grande coalition avec le SPD reste ainsi le scénario de base pour les analystes d’UBS, à 60%.
Marchés indifférents
Pour les marchés, les enjeux immédiats sont limités. Quel que soit le résultat du vote et l’issue des négociations, des réductions d’impôts sont à l’horizon, d’une quinzaine de milliards d’euros par an environ. Un rebond des investissements publics devrait également être à l’ordre du jour, mais son ampleur reste à déterminer. L’élection devrait ainsi laisser les marchés globalement indifférents. Les divergences sont en revanche prononcées sur la question européenne, le FDP souhaitant notamment la suppression à terme du Mécanisme européen de stabilité (MES), quand les autres partis soutiennent à divers degrés une intégration renforcée. Selon le partenaire de coalition de la CDU/CSU, «les projets d’intégration de la zone euro pourraient aller du ‘patinage’ ou au retour à une clause stricte d’absence de bail-out à un budget de la zone euro avec un Fonds monétaire européen», soulignent les analystes d’ING.
Un autre point qui risque d’avoir des conséquences significatives en Europe tient au sort du ministre des Finances Wolfgang Schäuble. Le partenaire de coalition de la CDU/CSU pourrait demander ce portefeuille clé, souligne UBS, auquel cas Woflgang Schäuble serait un candidat de choix à des fonctions européennes, notamment à la tête de l’Eurogroupe. Une présidence allemande de la BCE, redoutée en périphérie de la zone euro, serait alors probablement renvoyée aux calendes grecques.
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