Les courtiers du Crédit Agricole passent sous la ligne de flottaison
Dans un métier aussi chahuté que celui du courtage, la dégradation des comptes de CA CIB était attendue. Elle n’en reste pas moins frappante. En 2011, CA Cheuvreux a quadruplé ses pertes à 70 millions d’euros. Son cousin asiatique, CLSA, considéré comme la pépite, est passé dans le rouge, selon le document de référence de la banque de gros du Crédit Agricole (voir graphique). Quant à Newedge, le courtier en produits dérivés détenu à parité avec la Société Générale, sa contribution est tombée à 6 millions.
Dans le pôle actions, les pertes sont en partie dues à des charges de restructuration. La banque verte a en effet annoncé le rapprochement de CLSA et de CA Cheuvreux, qui devrait se traduire en France par la suppression de près d’un tiers (117 sur 370) des effectifs en CDI. Un processus long, tout comme l’entrée du chinois Citics à hauteur de 19,9% du capital des courtiers, attendue fin 2011 et désormais espérée pour avril. Mais la baisse de l’activité dégrade aussi la rentabilité: le produit net bancaire de CLSA est en recul de 12% sur un an à 411 millions d’euros, et celui de CA Cheuvreux de 14% à 164 millions. Des concurrents comme RBS et UniCredit sortent d’ailleurs de ce métier.
Tout juste rentable, Newedge est confronté à un défi stratégique d’un autre ordre. «On se retrouve dans une impasse, lâche l’un des actionnaires. Le projet initial d’entrée en Bourse est mort, et la gouvernance à 50/50 fonctionne mal». Ni CA CIB ni la Société Générale ne souhaitent racheter les parts du partenaire, et la vente à un tiers soulèverait des problèmes d’intégration. «Newedge a une culture d’indépendance qui a prospéré du fait de la neutralisation entre la Société Générale et le Crédit Agricole», résume le même banquier.
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