Les courtiers chinois se bousculent en Bourse pour lever du capital
Citic, Guosen, Haitong, Huatai, GF Securities… Depuis quelques semaines, les courtiers chinois se bousculent pour lever du capital en Bourse. En début de semaine, Guosen Securities a débuté sur les chapeaux de roues à la Bourse de Shenzhen. Pour son premier jour de cotation, l’action du septième courtier chinois a bondi de 44% avant de gagner encore 10% mardi. Le groupe soutenu par l’Etat a levé 7 milliards de yuans (1,1 milliard de dollars), soit la plus grosse IPO sur le marché de la Chine continentale depuis les 7,4 milliards levés par Ningbo Port en septembre 2010.
Citic Securities, le premier courtier chinois, a annoncé le week-end dernier un projet de levée de fonds pour un montant de 30 milliards de dollars hongkongais (3,9 milliards de dollars) par placement privé. Le groupe n’a pas un besoin immédiat de capital. Mais la hausse d’un peu plus de 50% du cours de son action depuis le mois d’octobre l’a incité à mettre des fonds propres de côté. D’autant que les investisseurs sont prêts à soutenir ce type de projet. L’action Citic a gagné 12% lors de l’annonce de la levée de fonds.
Ebranlés par la crise post-Lehman, les courtiers chinois ont depuis retrouvé un second souffle. Le marché chinois compte 19 courtiers cotés en Bourse. Et le cours de leurs actions a progressé en moyenne de 160% depuis le début de l’année. Les investisseurs misent sur la reprise du marché des IPO en Chine continentale après l’interruption décidée en 2013 par les autorités chinoises afin de réformer les procédures d’introduction en Bourse. L’envolée de 50% de l’indice de la Bourse de Shanghai depuis le début de l’année, principalement depuis la création du «pont» avec la Bourse de Hong Kong, a attiré de nouveaux actionnaires et a alimenté la croissance des volumes.
Mais cette frénésie n’est pas sans risque. Une partie de la hausse du marché actions s’est faite via un recours massif des actionnaires individuels au crédit. La situation a d’ailleurs incité la Commission de régulation des marchés chinois (CSRC) à mettre récemment en garde les particuliers sur les risques de l’investissement en actions. Enfin, si les courtiers ont lancé de nouvelles activités de crédit ou de titrisation, leurs revenus dépendent encore de 56% à 86% des volumes de courtage, estime Morgan Stanley.
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