Les commissions bancaires en M&A tardent à redécoller
Les commissions bancaires au premier semestre concernant les fusions-acquisitions en Europe de l’Ouest ont retrouvé leur niveau de 2004. Après avoir atteint un pic en 2007 à près de 8 milliards de dollars, le gâteau s’est sérieusement rétréci pour atterrir à 3,6 milliards à fin juin 2010, selon Thomson Reuters, ce qui représente toutefois une hausse de 8% par rapport au premier semestre de l’année précédente. Une évolution qui reste loin derrière la tendance globale, puisqu’au niveau mondial les commissions de conseil sur les M&A ont augmenté de 41% : le marché européen tarde donc à redécoller.
D’ailleurs, si les commissions ont légèrement repris au premier semestre, le volume européen des transactions annoncées a, lui, reculé : de 295 milliards de dollars sur les six premiers mois de 2009, il n’est plus que de 227 milliards en 2010. Une baisse qui illustre la situation sinistrée du marché sur le Vieux Continent. Certaines transactions à fort potentiel ont été annulées comme le rachat d’AIA par Prudential, qui aurait généré 852 millions de commissions si elle avait été conclue (L’Agefi du 3 juin).
Les banques de conseil sont également plus nombreuses (jusqu’à 12) à intervenir sur une même opération, ce qui réduit d’autant la part du gâteau. Le chiffre historique de 1% des montants pour les transactions conseillées a été revu à la baisse, de l’ordre de 0,2%. Quant aux entreprises, dont la marge de manœuvre est limitée en termes de fonds, elles se focalisent sur leur désendettement. Enfin, si les opérations de rachat à effet de levier redémarrent, seuls les LBO de sociétés les plus solides se concrétisent.
Au niveau global, le volume des M&A annoncées est stable, à 976 milliards au premier semestre de cette année, ce qui témoigne là aussi du retard pris en Europe par rapport au reste du monde, et notamment aux pays émergents.
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