Les collectivités locales retrouvent des financements
Les banques sont moins restrictives, en attendant la montée en puissance de la Banque Postale
Publié le
Solenn Poullennec
Les collectivités locales ont bouclé leur budget 2012 grâce à la CDC et au marché obligataire. Illustration L'Agefi.
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Les temps changent pour les collectivités locales. Très inquiètes il y a un an de leur capacité de financement à l’heure du démantèlement de Dexia, elles ont réussi à boucler leur budget 2012 grâce à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et au marché obligataire. Cette année, l’horizon des collectivités apparaît plus dégagé alors que les banques semblent revenir sur ce segment, que le marché obligataire est très dynamique et que la CDC devrait débloquer une partie de son enveloppe de 20 milliards d’euros.
«On voit davantage d’offres [des banques] en ce début d’année», assure Matthieu Collette, responsable chez Finance Active, un cabinet de services aux collectivités. Et de citer en exemple La Banque Postale, qui devrait pouvoir compter sur la Société de financement local (Sfil) pour refinancer ses prêts, lorsque celle-ci sera sortie sur les marchés (normalement en juin). «Si on faisait la somme des financements offerts on dépasserait assez largement les besoins de financement», avance même l’expert.
Les collectivités peuvent aussi compter sur le marché obligataire. Une vingtaine d’entre elles ont déjà levé 940 millions d’euros depuis janvier, selon HSBC. Par ailleurs, la CDC a promis de débloquer une enveloppe de 20 milliards d’euros pour cinq ans. «Nous n’avons pas les mêmes difficultés d’accès au crédit que l’année dernière», confirme Olivier Landel, délégué général de l’association des communautés urbaines de France.
Celui-ci précise cependant que les collectivités ont emprunté un peu plus que nécessaire en 2012 pour faire face à l’imprévu et que l’approche des élections municipales ne favorise pas l’investissement. A ses yeux, «la situation peut redevenir critique dès 2015» si la banque publique des collectivités qui remplace Dexia peine à se lancer et si l’agence de financement des collectivités, instaurée par la loi bancaire, tâtonne.
En 2012, près de 27% des besoins des collectivités ont été couverts par la CDC (contre 22 % en 2011), selon l’enquête de Finance Active sur les finances de 1.100 collectivités (avec un stock de dette de 89 milliards d’euros des flux nouveaux de 9 milliards). Pour mémoire, la CDC avait débloqué une enveloppe exceptionnelle de 5 milliards d’euros l’année dernière. Les collectivités ont aussi levé un montant record sur les marchés de capitaux, de 2,8 milliards d’euros selon HSBC. Le marché a ainsi permis de satisfaire 18% des besoins (contre 8% en 2011).
Les banques de leur côté n’ont satisfait que 32% des besoins (contre 63% en 2011). Cette part monte à 45% avec les contrats de prêts consolidés mais antérieurs à 2012. BPCE a accordé presque la moitié des emprunts nouveaux (46%), suivie de loin par le Crédit Agricole (23%) et les banques étrangères (14%). Selon Finance Active, les banques ont continué de facturer des marges relativement élevées (244 points de base en moyenne contre l’Euribor) par rapport à celles prises par la CDC ou la Banque européenne d’investissement (BEI) pour les financements de projets.
Grâce à la baisse des taux, le coût moyen de la dette des collectivités était de 3,13% fin 2012 (-16 pb sur un an). La dette est aussi de moins en moins risquée: les produits non structurés représentent désormais 85,3% de l’encours total (contre 82,6%). Une baisse davantage due à la dilution des emprunts structurés dans les nouveaux prêts qu’à des renégociations de contrats.
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