Les bonus en gestion et en banque d’investissement dépassent encore les futurs plafonds

L’EBA a publié vendredi son rapport sur les hauts revenus dans la banque. La City concentre l’essentiel de ces professionnels
Antoine Landrot

Le rapport de l’Autorité bancaire européenne (EBA) sur les hauts salaires montre que les établissements n’ont pas cherché à anticiper la volonté communautaire de limiter les bonus des professions de preneurs de risques au sein des banques.

L’accord conclu en février dernier entre le Parlement et le Conseil européens (auquel s’est opposé le Royaume-Uni) prévoit le plafonnement des bonus de ces professionnels à compter de 2014, en fixant un rapport maximum entre parts variable et fixe à 200%, sous condition. Recensant le nombre de banquiers ayant touché un million d’euros ou plus par an en 2012, le rapport montre que les établissements sont encore loin du compte.

Dans les métiers de banque d’investissement, la part de la rémunération variable sur salaire atteint 378% au Royaume-Uni, pour une rémunération annuelle totale de 1,93 million d’euros en moyenne. Illustrant la force d’attraction de la City, le pays se distingue par le nombre de bénéficiaires: 2.188 professionnels. Si la part variable en France est nettement supérieure (495%), la rémunération moyenne demeure inférieure (1,57 million) et s’applique à un nombre de professionnels nettement plus restreint (117). Les banquiers d’investissement millionnaires sont au nombre de 100 en Allemagne et de 47 en Italie.

Moins représenté numériquement, la gestion d’actifs se singularise par les montants et la structure des rémunérations. Indissociable de la notion de rendement, ce métier présente l’écart le plus important entre les parts variable et fixe, ainsi que les rémunérations moyennes les plus élevées. Cet écart a atteint son paroxysme au Royaume-Uni (549%), où 198 professionnels ont touché en moyenne plus de 2,1 millions d’euros. Parmi les autres marchés significatifs émergent la France (393% pour 18 gérants, au revenu moyen supérieur à 1,7 million d’euros) et l’Italie (350%), dont les 10 professionnels de la gestion concernés touchent même en moyenne davantage que leurs homologues britanniques (2,2 millions d’euros).

Tous métiers confondus, on comptait l’an dernier 2.714 banquiers ayant perçu plus d’un million au Royaume-Uni. Ils étaient 212 en Allemagne, 177 en France, 109 en Italie et 100 en Espagne. Les banques ont déjà fait savoir qu’en vertu des nouvelles règles (qui s’appliqueront aux bonus 2014, versés en 2015), elles pallieraient les restrictions des parts variables par une augmentation des fixes.

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