Les banquiers de la City affichent leur optimisme sur les bonus
L’échec du premier ministre britannique David Cameron à empêcher le plafonnement des bonus des banquiers au sein de l’Union européenne ne semble pas affoler la City. Selon l’étude annuelle de la société de recrutement Astbury Marsden, les 1.468 professionnels qui ont répondu anticipent en moyenne une progression de 21% des rémunérations variables versées au titre de l’exercice 2014. Les deux tiers d’entre eux s’attendent à bénéficier d’un bonus, soit 5 points de plus qu’il y a un an. Ils sont 40% (contre 34% en 2013) à prévoir une augmentation de leur rémunération variable.
Par ailleurs, la partie fixe moyenne des salaires a progressé de 8% (pour atteindre près de 95.000 livres). Signe qu’il s’agit d’une tendance profonde, les augmentations ne sont pas limitées à ceux qui ont été promus: elles atteignent en moyenne 6,5% pour les salariés qui n’ont pas évolué (contre 19% pour les promus). La proportion des participants ayant bénéficié d’une augmentation de la partie fixe n’a cessé de progresser depuis 2011. Elle a bondi de 44% il y a quatre ans à 62% cette année (47% en 2013). Au moment du débat sur la limitation des bonus, ses opposants estimaient que la mesure favoriserait la hausse des salaires fixes: cette prédiction se vérifie pour l’instant.
Pour 2015, les professionnels de la finance font preuve d’optimisme: la moitié d’entre eux – soit 5 points de plus que lors du sondage précédent – pensent que leur rémunération va augmenter. Un autre élément atteste d’un retour de la confiance dans l’emploi dans le secteur financier: plus de la moitié (51%) des professionnels se déclarent prêts à changer d’employeur s’ils n’étaient pas satisfaits de leur bonus – une proportion jamais atteinte depuis la création de l’étude en 2011.
Toutefois, note le rapport, «plus le répondant a de l’ancienneté, moins il croit dans la perspective de recevoir une augmentation». Les plus confiants sont les associates ou managers (près des trois quarts d’entre eux), tandis que seul un tiers des professionnels ayant le grade de directeur ou associés (partner) y croit.
Le degré de confiance dépend en outre de l’activité du répondant. Si elle est au beau fixe parmi les traders de matières premières, dans les services aux investisseurs, l’assurance, les agences de notation et la banque de détail (tous à plus de 75%), c’est la déprime chez les courtiers (moins de 20%), dans le capital-investissement (38%) et dans la banque d’investissement (49%).
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