Les banques perdent une bataille dans la régulation des dérivés
Les régulateurs internationaux n’ont pas cédé aux demandes des professionnels des dérivés. Ceux qui échangent des produits non compensés, devront sécuriser leurs transactions par des montants importants de collatéral à partir de la fin de 2015.
Après deux ans de travail, le Comité de Bâle et l’organisation des régulateurs de marchés, l’OICV, viennent de publier les règles définitives applicables aux dérivés non compensés. Ceux-ci représentent des centaines de milliers de milliards de dollars en montant notionnel et sont vus comme une source importante d’instabilité systémique par les régulateurs. Ces derniers veulent limiter les risques en cas de défaut d’une contrepartie et encourager la compensation en obligeant toutes les entreprises financières et non financières systémiques à prévoir des marges de variation tout au long de la vie du contrat dérivé et des marges initiales lors de la signature de celui-ci. Ces dernières devront être échangées par les deux parties, en excluant tout recours à un solde net entre elles («netting»).
L’industrie financière a vivement combattu la mise en place de marges initiales. Au printemps dernier, l’Isda, le lobby des spécialistes des dérivés, a demandé aux régulateurs d’y renoncer, au motif qu’elle dissuaderait les échanges de dérivés non standardisés et empêcherait certaines entités de se couvrir. La Fédération bancaire française demandait quant à elle un report des règles les concernant de 2015 à 2020.
Plusieurs dérogations au principe de marges initiales obligatoires ont cependant été prévues. Certains produits, notamment des dérivés de change (forwards et swaps), en seront exemptés et dans certaines conditions, le collatéral pourra être réutilisé. Les régulateurs ont aussi décidé que si les marges initiales théoriquement requises sont inférieures à 50 millions d’euros, les opérateurs en seront exemptés. Dans le cas contraire, ils devront au moins échanger la différence entre le montant des marges initiales théoriquement requis et le seuil de 50 millions.
Soucieux d’éviter aux banques des problèmes de liquidité, les régulateurs précisent que le collatéral requis ne sera pas limité au cash et aux titres souverains les mieux notés. Il pourra aussi être constitué de titres d’entreprise, de covered bonds ou d’or. Enfin, les régulateurs assurent qu’ils surveilleront de près l’impact de la régulation qui entrera progressivement en œuvre entre décembre 2015 et 2019.
Plus d'articles du même thème
-
Le Premier ministre britannique joue la prudence pour son premier budget
Quelques mesures de soutien aux ménages et de légères hausses d’impôts permettront de dégager une petite souplesse budgétaire mais les grandes décisions, portant sur la protection sociale ou le financement de la défense, sont repoussées à plus tard. -
La Fed laisse ses taux inchangés malgré une inflation toujours élevée
La banque centrale américaine a décidé d'opter pour le statu quo en maintenant ses taux à 4%, à quelques semaines des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. -
Airbus maintient son plan de vol pour 2026 à l'issue du troisième trimestre
Si le chiffre d'affaires s'effrite, le bénéfice net bondit de 20% d'une année sur l'autre, à 1,34 milliard d'euros. Le rythme des livraisons sera décisif pour la fin de l'exercice.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas -
AcrobateRoyaume-Uni : un budget pour répondre à la crise au Moyen-Orient
Dans un contexte économique tendu, le ministre des Finances John Healey a joué sur les réserves pour soutenir le pouvoir d'achat des Britanniques. Il a remis à plus tard les décisions qui leur demanderont des efforts