Les banques ne pourront plus se délester de toute la collecte du Livret A
Un décret paru au Journal officiel de ce mardi le confirme, les banques ne pourront plus confier à la Caisse des dépôts plus de 60% des sommes collectées au titre du Livret A et du LDD. Il est mis fin à cette «surcentralisation», comme le prévoit l’article 140 de la loi de finances pour 2018, au-delà du minimum légal de 60% de la collecte reversé à la CDC.
Depuis 2016, les banques avaient le choix entre conserver dans leur bilan 40% de la collecte de ces livrets et transférer la totalité au fonds d’épargne de la Caisse. Très concrètement, les établissements qui s’étaient placés dans le deuxième cas de figure, simplement pour éviter d’avoir à rémunérer les épargnants à hauteur de 0,75%, se verront progressivement restituer les montants au-delà de 60% de leur collecte.
Ceux qui sont les moins désireux de retrouver ces sommes bénéficieront tout de même d’un délai de dix ans pour les réintégrer dans leur bilan. Le décret précise que chaque 1er avril, à partir de 2018, un dixième des sommes «surcentralisées» leur sera reversé. Les banques qui le souhaitent, indique le décret, peuvent «bénéficier d’une restitution accélérée». Dans ce cas, le remboursement aura lieu par tiers, chaque premier avril, jusqu’en 2020. Peu d’établissements devraient choisir cette option. Quant aux banques qui n’auraient décidé qu’après le 13 octobre 2017, date d’une réunion de place sur le sujet, de recourir à la centralisation intégrale, toutes les sommes en surplus leurs seront remises le premier avril.
Pour beaucoup d'établissements - la Banque Postale, BNP Paribas, LCL, et le Crédit du Nord, notamment, avaient opté pour la «surcentralisation» - la fin de cette possibilité de se délester de la totalité des montants collectés, tout en conservant une commission de 0,30%, n’est pas une bonne nouvelle. Alors qu’elles s’étaient battues à l’origine pour pouvoir distribuer le Livret A et bénéficier d’une ressource à bas prix, celle-ci apparaît aujourd’hui trop onéreuse. Placer sans risque sur des échéances courtes ou moyennes pour obtenir une rémunération de plus de 0,75% relève toujours de la mission impossible, en dépit de la hausse récente des taux d’intérêt de marché. Mais le fonds d'épargne de la CDC ne pouvait plus assumer, lui aussi, la rémunération des épargnants sans mettre en péril ses résultats.
Plus d'articles du même thème
-
Matignon veut accélérer les transmissions familiales de patrimoine
Une note « Transmissions 2027 » prévoit plusieurs mesures pour favoriser une circulation plus rapide du patrimoine entre générations. -
Finary intègre un nouvel assistant IA à son application
Grâce à cette nouvelle fonctionnalité, chaque utilisateur peut interroger l'IA pour obtenir des analyses et des projections personnalisées de son patrimoine financier. -
Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
La ministre de l’Ecologie a évoqué une augmentation du plafond du Livret A à 30.000 euros pour aider à financer la transition climatique. Un tel mouvement pénaliserait légèrement les banques.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La nouvelle direction de Sanofi va devoir sortir du marasme la R&D du groupe
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
- La BCE attise la flambée des taux
Contenu de nos partenaires
-
« L'inflation est trop élevée » : contre l’avis de Trump, la Fed augmente ses taux pour la première fois depuis 2023
Mercredi, Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale des États-Unis, a annoncé une hausse de 0,25 point du taux directeur de la Fed, dans un contexte de forte inflation -
La montagne accouchePénibilité, capitalisation, âge : les pistes du rapport de la conférence sociale « travail, emploi, retraites »
Remis ce mercredi malgré le boycott du Medef, les conclusions de la conférence sociale ouvrent la porte à plusieurs sujets explosifs pour les partenaires sociaux -
UrgencesPouvoir d'achat : les candidats sur un volcan
Pour le camp modéré, il est difficile de trouver des solutions efficaces à court terme, sans grever les finances publiques ou la compétitivité des entreprises