Les banques italiennes doivent faire face à la montée de leur coût du risque
Les banques italiennes, qui ont dévoilé leurs comptes au titre du premier trimestre, ne parviennent pas à enrayer la montée de leurs créances douteuses. Celles-ci ont ainsi progressé de 58% à 434 millions d’euros chez Monte Paschi, dont le bénéfice a reculé de 61,2% à 54,5 millions d’euros. Intesa Sanpaolo, dont le résultat a crû de 22% à 805 millions d’euros grâce à des plus-values de trading sur ses obligations, a vu ses provisions pour créances douteuses croître de 43% à 970 millions d’euros.
Le ratio de créances douteuses s’élève «à 17,2% pour Monte Paschi, 12,8% pour Intesa et 12,9% pour Unicredit, contre un ratio de 3 à 6% pour les banques françaises. Ceci est annonciateur de provisions à venir et d’une rentabilité médiocre durable dans un environnement de taux difficile», relève Elie Darwish, analyste crédit chez Natixis. «Le coût du risque des banques italiennes se révèle très élevé (supérieur à 100 points de base), contre 30 à 50 points de base pour une banque de qualité», précise le professionnel.
Les deux principales banques italiennes, Intesa et Unicredit, présentent toutefois un bon profil de solvabilité et de liquidité, aux yeux des analystes. Unicredit, qui a enregistré un bénéfice de 114 millions d’euros contre 321 millions d’euros un an plus tôt, a fait état d’un ratio core tier one de 10,3%.
«Nous estimons que l’application intégrale de Bâle 3 dès fin 2012 se traduirait par un ratio core tier one de 9,5%» pour Intesa, dont le ratio a crû sur le trimestre de 10,1 à 10,3%, relève Oddo Securities. Intesa a indiqué que sur les 36 milliards d’euros retirés des opérations de refinancement à long terme (LTRO), 58% restaient disponibles sous forme de dépôts ou de liquidités à court terme.
En revanche, la situation d’autres banques apparaît plus compliquée. La solvabilité de Banca Popolare, dont le ratio core tier one a crû de 7,1 à 7,4% sur le trimestre, constitue un «point problématique», selon les analystes actions de Natixis. Monte Paschi, dont le ratio core tier one est passé de 11,1 à 11,3%, a de son côté besoin de 3,3 milliards d’euros pour satisfaire le superviseur bancaire (EBA). La banque a indiqué hier qu’elle pourrait avoir recours à des obligations convertibles contingentes (cocos).
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions carbonées de l’alliance net zéro des instits remontent avec l’intégration du non-coté
Le rapport annuel de la NZAOA, coprésidée par Josselin Kalifa, de la Caisse des dépôts, montre une baisse de l’intensité carbone dans le coté et une stagnation de la part des solutions climatiques dans les encours. -
Axiom AI commercialise une stratégie obligataire à échéance
Axiom Alternative Investments vient de lancer Axiom Horizon 2032, une stratégie obligataire à échéance qui réunit, dans un même portefeuille diversifié, les trois expertises crédit d’Axiom : la dette financière européenne, les obligations d’entreprises des pays émergents et les obligations d’entreprises globales. -
Crédit Mutuel AM lance un fonds géré par l'intelligence artificielle
Crédit Mutuel Asset Management vient de lancer le fonds Crédit Mutuel Global AI Machine Learning. Présenté lors d’une table ronde à l’AM Tech Day, ce fonds s’appuie sur l’intelligence artificielle pour piloter la sélection de titres. Il combine un modèle quantitatif factoriel traditionnel et des techniques d’apprentissage automatique, sur un univers d’environ 1.300 actions internationales, avec le MSCI World pour référence.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt