Les banques françaises jouent la modération sur les bonus
La charge du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg contre les salaires des banquiers masque une réalité contrastée. Alors que les bonus des dirigeants au titre de 2013 ont augmenté de 7% pour Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas) à 138% pour Jean-Paul Chifflet (Crédit Agricole SA), les rémunérations variables des «preneurs de risque» ont plutôt diminué. Le bonus moyen, versé pour partie en différé, a décru de 16% chez BNP Paribas à 674.200 euros, et de 8% à la société Générale à 600.000 euros, révèle l’examen des rapports sur les politiques de rémunération des deux banques.
Pour Natixis, une source proche assurait récemment à L’Agefi que la prime des traders et autres personnels régulés au titre de 2013 est en «hausse de 5,5%» en moyenne et à périmètre comparable, après deux années de baisse. L’an dernier, la rémunération totale moyenne a atteint 518.800 euros, selon le document de référence de la filiale de BPCE, mais il s’agit de la somme du salaire fixe et des bonus versés au titre de 2012 et des exercices antérieurs. Comme CASA, la banque n’a pas encore publié son rapport sur les rémunérations.
Ce document permet de comprendre l’évolution de la politique des banques françaises. Elles avaient jusqu’à présent une définition extensive de la population des preneurs de risques. Entre 2012 et 2013, BNP Paribas a ramené ce périmètre de 3.252 à 357 personnes et la Société Générale de 2.974 à 360. Le nombre d’individus pris en compte devait encore évoluer cette année, après l’entrée en vigueur de la directive européenne CRD 4 et des recommandations de l’EBA (Autorité bancaire européenne).
Les quatre banques cotées prévoient de soumettre à leur assemblée générale une résolution entreprenant de plafonner les rémunérations variables à 200% du salaire fixe, au lieu des 100 % prévus par la réglementation européenne. Face à la mise en place, chez leurs concurrents suisses et anglo-saxons, de primes fixes destinées à contourner la limitation des bonus, les banques françaises ne restent pas les bras croisés. «Le groupe a commencé à revoir début 2014 les parties fixes et variables de la rémunération totale en vue d’établir un meilleur équilibre entre ces différentes composantes», indique le rapport sur les rémunérations de BNP Paribas, qui parle d’une démarche «sélective» et de «proportions limitées».
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