Les banques françaises font assaut de modestie dans les bonus
Dans le secteur bancaire, la politique de rémunération a été le sujet phare de la période de publication des comptes 2009. Les établissements ont affiché un scrupuleux respect des nouvelles règles adoptées dans la foulée des G20. Ils ne se sont d’ailleurs pas privés de le faire savoir.
Globalement, le désormais fameux «taux de rémunération» (ou compensation ratio) connaît une chute sévère par rapport aux années fastes de la banque d’investissement et de financement (BFI). La fraction des revenus de BFI consacrée aux rémunérations totales (fixes et variables, charges comprises) atteint 27,7% chez BNP Paribas, alors qu’il tournait en moyenne à 40% selon l’ancien système. Elle atteint 30% chez SG CIB (la BFI de la Société Générale), 24% chez Natixis (la banque de gros du groupe BPCE) et 10,4% des revenus de la banque de financement et de marché du Crédit Mutuel - CIC. Ces écarts illustrent en partie la profondeur des activités de BFI dans chaque banque.
Conformément aux engagements pris, la part des bonus versés comptant en 2010 (au titre de l’année 2009) ne représente pas plus de la moitié de la rémunération variable totale des opérateurs de marché. Les différences entre banques françaises sont d’autant plus flagrantes si l’on se limite aux professionnels de marché (traders), certaines (Crédit Agricole, CM5-CIC, Dexia, Natixis) ayant considérablement réduit la voilure dans ces activités (voir le tableau).
En comparaison, leurs homologues étrangers se sont parfois montrés plus généreux – même si aucun n’a échappé au débat. Le ratio de compensation atteint ainsi 27% pour la BFI de RBS (alors que cette dernière a perdu 24 milliards de livres en 2009) et 38% chez Barclays Capital. D’où la mise en garde des banquiers français sur le risque de concurrence.
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