Les banques d’investissement peuvent renouer avec une rentabilité de 12 à 14%
Les banques de financement et d’investissement ont la capacité «d’atteindre un rendement des capitaux propres (RoE) de 12 à 14% d’ici deux ans» en rationalisant leur portefeuille, relève une étude réalisée par Morgan Stanley et Oliver Wyman. Cette étude, qui estime le RoE moyen du secteur au niveau mondial à 8% en 2011, se base sur des hypothèses «prudemment optimistes», à savoir des revenus ayant atteint leurs points bas dans le sillage de la crise et pouvant croître de 5 à 10% par an.
Les actions permettant d’atteindre ce niveau de RoE doivent «être mises en œuvre rapidement. Elles passeront par des changements de business model, notamment en matière de désintermédiation du crédit, ou de business mix, avec notamment pour certaines une tendance à se concentrer sur les activités européennes ou domestiques où les banques nationales disposent d’un avantage concurrentiel et d’un accès facilité au financement», relève Bruno de Saint-Florent, associé chez Oliver Wyman.
Cette tendance rend «le marché américain, pour les banques qui y ont une taille critique sur un ou plusieurs segments, plus attractif que l’Europe ou l’Asie. Outre le fait qu’il s’agisse du premier marché mondial, le niveau de rentabilité y est meilleur et la concentration y est plus forte», souligne Bruno de Saint-Florent.
L’impact réglementaire, qui devrait peser sur le RoE à hauteur de 4 points d’ici à 2014, pourrait ainsi être contrebalancé par la croissance de l’activité (4-5 points de RoE) et des décisions prises par le management (4-5 points). Ces décisions, «générées au regard de l’allocation de fonds propres, conduiront à exercer une activité de manière différente, par exemple en termes de facilitation des flux clients, ou à réduire la voilure», explique Bruno de Saint-Florent.
L’étude chiffre ainsi à 7% la réduction moyenne des capacités (en termes de capital, liquidités et ressources humaines) sur deux ans, après une réduction similaire réalisée l’an passé. Cette réduction passera notamment par une baisse de la taille des bilans de l’ordre de 1.000 milliards de dollars (750 milliards d’euros), soit 7%. Les banques sont par ailleurs appelées à réduire de 700 à 900 milliards de dollars le niveau de leurs actifs pondérés du risque, soit une baisse de 15%, et à abaisser leurs coûts opérationnels de 10 à 12 milliards de dollars.
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