Les banques d’investissement européennes chutent de leur piédestal
En attendant la publication des comptes des établissements français à partir de cette semaine, on peut déjà affirmer que 2011 aura été une année noire pour les activités de banques de financement et d’investissement (BFI) européennes.
Les mesures de restructuration des BFI, notamment la réduction de la taille des bilans, menées pour se conformer aux futures règles prudentielles de Bâle 3 sont en effet largement responsables des comptes en berne au quatrième trimestre. Les «coûts de réalignement», «l’abandon stratégique d’activités» et «la réduction accélérée des actifs pondérés» ont par exemple creusé de 981 millions de francs les comptes de la banque d’investissement de Credit Suisse, provoquant une perte nette de 637 millions pour le groupe.
A ces éléments non récurrents s’ajoutent de mauvaises performances commerciales, en particulier sur les marchés obligataires, en raison de la crise de la dette souveraine. Pour l’établissement helvète, les revenus des activités de taux sont passés de 888 millions au quatrième trimestre 2010 à 36 millions seulement au dernier trimestre 2011.
Même constat chez Deutsche Bank. Là encore, ses comptes sont passés au rouge: victime d’un recul de 26% de revenus, sa BFI affiche une perte avant impôts de 422 millions d’euros. Mais la structure de résultats du premier établissement allemand illustre également deux maux qui ont pu s’ajouter à certains établissements européens. Il a décoté son portefeuille d’obligations grecques de 71%. Il a également passé une provision de 700 millions d’euros pour couvrir d’éventuelles sanctions judicaires aux Etats-Unis, qui se sont engagés dans une démarche contentieuse avec plusieurs banques européennes.
Le climat actuel va probablement affecter durablement les BFI européennes. Ainsi, UBS – qui affiche un bénéfice net en chute de 76% sur un an au quatrième trimestre (à 393 millions d’euros) et une perte de 256 millions en banque d’investissement – a indiqué que les résultats du pôle devraient continuer à peser sur ceux du groupe au premier trimestre 2012. De son côté, Bob Diamond, le directeur général de Barclays, a quasiment renoncé à atteindre l’objectif de 13% de rendement sur fonds propres (RoE, return on equity) en 2013, après que le pôle de BFI a enregistré son pire trimestre en trois ans.
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