Les banques d’investissement devraient encore détruire de la valeur en 2017
Le constat est rude. «En 2017, le RoE (rendement des fonds propres, ndlr) des treize plus grandes banques de marché et d’investissement sera compris entre 6 et 9% (en l’absence d’actions significatives), bien en dessous de leur coût du capital», affirme une étude du cabinet de conseil McKinsey. Le coût des fonds propres devrait alors être ramené à 11,7%, contre 13% aujourd’hui. C’est encore trop face à la baisse durable du rendement des activités de marché et de banque d’investissement (fusions-acquisitions et marchés primaires). Leur RoE a chuté de 20% avant la crise, à 7% fin 2011. Sous l’effet de Bâle 3, «il va diminuer de 3 à 4 points supplémentaires».
Pour le faire remonter à 7%, «des efforts significatifs ont été entrepris depuis 2008, pointe François Jurd de Girancourt, directeur de projets chez McKinsey. Les 13 principaux acteurs ont annoncé un deleveraging (réduction des actifs pondérés du risque, ndlr) de 1.000 milliards de dollars et des baisses de coûts de l’ordre de 15 milliards de dollars». Soit une contraction des bilans de 20% en moyenne, allant de 8% chez JPMorgan à 60% chez UBS, et un recul moyen des charges de 10% (entre 1% et 25% chez les mêmes acteurs). D’ici à 2017, la génération de revenus pourrait avoir un impact de -1 point à +2 points sur le ROE, d’où la cible de 6 à 9%.
Dans ce contexte, «cinq ou six banques, souvent universelles, se démarqueront au niveau mondial comme les nouveaux bulge brackets capables de proposer globalement une gamme complète de produits, en profitant de leur taille et d’un faible coût du capital et de la liquidité», affirme le consultant. Face à un trio de tête où JPMorgan figure visiblement en bonne place, les positions ne sont pas figées, notamment en Europe après l’abandon de pans entiers d’activité chez UBS ou RBS.
«Pour retourner à des niveaux de RoE au-dessus du coût du capital, les banques devront poursuivre leurs efforts sur six axes: continuer à industrialiser leurs opérations, piloter leur capital et leur liquidité de façon granulaire et en temps réel, repositionner leurs forces de ventes, capter la croissance des pays émergents, adapter leurs politiques de prix, sans oublier de travailler à l’amélioration de leur réputation», énumère François Jurd de Girancourt. Evoqués aussi dans d’autres études (Roland Berger, Morgan Stanley…), ces remèdes font consensus mais restent difficiles à mettre en œuvre.
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