Les banques commerciales augmentent leur part dans le financement des collectivités locales
Après un pic à 13,8 milliards d’euros en 2015, puis 9,6 milliards en 2016 et 7,7 milliards en 2017, les collectivités françaises n’ont emprunté que 7 milliards d’euros en 2018, confirmant la tendance d’un moindre recours à l’emprunt à un an des échéances municipales, selon l’Observatoire Finance Active auprès de 1.210 acteurs publics représentant plus de 100 milliards de dette (sur 200 pour l’ensemble des administrations publiques locales). Le taux moyen des nouveaux emprunts a poursuivi sa baisse, pour atteindre son plus bas historique : 1,10% en 2018, contre 1,15% en 2017. «Un tiers des nouveaux financements ont été souscrits à taux variables, avec de meilleures marges qu’en 2017 (38 pb en moyenne contre 48 en 2017), mais nous préconisons d’augmenter cette part afin de réduire leur coût de financement moyen », notent Vincent Ponson et Caroline de Marqueissac, responsable et consultante senior secteur public France.
Côté prêteurs, la part des banques commerciales continue de progresser : de 46% en 2014 à 55% en 2016, 63% en 2017 pour atteindre 70% en 2018. Comme depuis 2015, La Banque Postale est le premier contributeur (32,8%), devant la pourtant sélective Société Générale (19,5%), et le groupe BPCE (13,1%), en net repli même s’il reste leader sur l’encours (devant la Sfil). Les financements obligataires (13,4%) ainsi que l’Agence France Locale (5,1%) progressent aussi doucement, au détriment des banques publiques : BEI (6%), AFD (1%) ou CDC (4,4%), dont les offres sont moins compétitives sur les durées inférieures à 25 ans - les prêts plus longs n’ont représenté que 20% de l’ensemble en 2018.
Concernant le stock de dette au 31 décembre, l’Observatoire constate une nouvelle amélioration du taux moyen pour tous les types de collectivités : à 2,24% globalement (contre 2,37% en 2017), avec un taux moyen plus performant encore pour les régions (1,92%). A l’opposé, le taux est plus élevé pour les communes et intercommunalités de moins de 10.000 habitants (2,85%). La durée de vie de la dette diminue un peu, à 14,1 années contre 14,3. Avec l’extinction progressive des emprunts structurés, la tendance à la simplification se poursuit : 96,4% des produits sont classés 1A selon la Charte de bonne conduite, répartis entre 66,8% d’emprunts à taux fixe et 29,5% d’emprunts à taux variable, plutôt auprès des collectivités de grande taille comme les régions.
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