Les banques centrales ont pris conscience de la ligne rouge à ne pas franchir
Les marchés actions européens progressent fortement depuis le début de l’année (MSCI Europe +9,9%). Toutefois, les déboires du secteur bancaire ont ravivé en mars les craintes systémiques, et la volatilité est de retour.
Pilier 1 : momentum économique
Ce dernier continue de se redresser depuis fin septembre grâce à l’amélioration des indicateurs de sentiment, sensibles à la baisse de l’inflation et à la réouverture de la Chine. En parallèle, le consensus «top-down» des économistes s’améliore sensiblement. La croissance 2023 du PIB de la zone euro est désormais attendue à +0,5%, contre -0,1% en début d’année.
Pilier 2 : dynamique monétaire
Les déboires récents du secteur bancaire montrent à quel point le durcissement monétaire a été sévère, ce qui devrait inciter la Réserve fédérale (Fed), et dans son sillage la Banque centrale européenne (BCE), à «calmer le jeu». C’est ce qu’a laissé entendre Jerome Powell quand il affirme que «le durcissement des conditions financières équivaut à une hausse de taux». Par ailleurs, l’inflation devrait continuer de baisser, car la contribution des facteurs exogènes (matières premières et fret) est désormais négative. Il est donc hautement probable que la hausse de 0,25% du taux de la Fed le 22 mars soit le dernier relèvement d’une séquence commencée il y a un an.
Pilier 3 : valorisation
La correction observée en mars se justifie pleinement d’un point de vue fondamental, car la prime de risque du marché européen, fin février, avait rejoint, pour la première fois depuis 2008, sa moyenne historique de 5,0%. La forte baisse des taux longs et des indices en mars permet de reconstituer la prime de risque, qui s’élève désormais à 5,3%.
Pilier 4 : dynamique de marché
Elle est haussière dans la mesure où la plupart des indices évoluent au-dessus de leur moyenne à 200 jours. Elle a, par ailleurs, parfaitement joué son rôle de support lors de la correction de mars pour les indices européens.
Conclusion
La hausse depuis fin septembre a permis de corriger la sous-évaluation des indices que nous avions mise en avant à l’automne dernier. Il ne serait pas étonnant, dans ce contexte, d’observer des marchés moins directionnels dans les prochains mois, mais aussi plus sélectifs et propices au «stock-picking», alors que va bientôt s’ouvrir une période de publications trimestrielles.
Ceci ne constitue en aucune manière une recommandation d’investissement ou de désinvestissement de la part de Chahine Capital. Les marchés d’actions sont par nature volatils et risqués.
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