Les banques centrales appelées à faire davantage pour le climat
Les organisations non gouvernementales (ONG) ne s’intéressent pas qu’aux acteurs privés. Positive Money et ses partenaires, dont Reclaim Finance, publient mardi le « Green Central Banking Scorecard 2022 », la deuxième édition du classement des banques centrales selon leurs pratiques environnementales. Alors que le réchauffement climatique menace leur mandat de stabilité des prix par le risque de transition, le risque physique et le risque de litige, « la nouvelle édition du classement met en évidence l’échec des banques centrales à avancer sur la question climatique et encore davantage à soutenir la transition », déplore Reclaim Finance dans un communiqué.
Bien que 17 des 20 banques centrales atteignent la note maximale dans la catégorie « recherche et plaidoyer », qui inclut notamment l’adhésion au réseau des banques centrales et des superviseurs pour verdir le système financier (NGFS) ou encore la prise en compte du principe de double matérialité dans leur recherche, elles sont bien plus mauvaises élèves dans les autres catégories permettant d’établir le classement.
De trop rares prêts verts pour les infrastructures renouvelables
Aucune banque n’obtient par exemple la moyenne dans la catégorie politique monétaire alors que seules la Banque populaire de Chine et la Banque du Japon ont mis en place des facilités de prêts verts face au coût élevé des investissements initiaux pour les projets d’infrastructures renouvelables. Les choses ne s’améliorent qu’un peu en ce qui concerne la régulation financière où six banques centrales dépassent la moyenne. « Les banques centrales et les régulateurs financiers qui sont des leaders relatifs en matière de climat ont déjà rendu obligatoire l’incorporation des risques climatiques dans les processus de gestion des risques (…) et supervisent désormais activement ces processus », décrit le rapport.
« Les mesures les plus efficaces que les banques centrales peuvent prendre au-delà de leurs politiques monétaires et financières consistent à rendre leurs propres portefeuilles non monétaires plus écologiques, en alignant ces investissements sur un réchauffement de 1,5 degré », continuent les ONG. C’est notamment le cas de la Banque de France qui, grâce a «la politique d’investissement durable la plus avancée des banques centrales du G20 », obtient la meilleure note dans la dernière catégorie et conserve, au total, la première place du classement avec la note de 70 sur 130 devant l’Italie (61) et l’Allemagne (60). Reclaim Finance regrette toutefois que l’institution n’obtienne pas cette première place grâce à « des politiques monétaires et prudentielles plus ambitieuses ».
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