Les banques américaines défendent leurs activités de matières premières
L’heure de la contre-attaque a sonné. Après les déclarations explicites de Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, sur CNBC mercredi, les banques américaines défendent «leur rôle essentiel dans le bon fonctionnement des marchés de matières premières». C’est ce qu’affirme, dès ses premières lignes, un rapport non contradictoire commandé à la société IHS et publié hier par la Sifma, l’un des lobbies de la profession.
Depuis quelques mois, de multiples voix s’élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le poids de Wall Street dans le négoce des matières premières. Le Sénat a lancé des investigations pour déterminer si les banques manipulent le marché. La Réserve fédérale envisage de revoir les règles de 2003 qui ont permis aux banques de développer leurs activités de trading physique. La CFTC (le régulateur des dérivés) a quant à elle assigné Goldman Sachs, JPMorgan et d’autres exploitants d’entrepôts de métaux, accusés de faire de la rétention de stocks.
IHS met en avant la contribution des banques à «la liquidité et la stabilité (sic) des marchés», tout en minimisant leur emprise. Très loin derrières les industriels, leur part de marché moyenne atteindrait seulement 0,5% dans les importations américaines de pétrole brut entre 2008 et 2012 (contre 1,9% pour les sociétés de négoce), et 4% pour les produits raffinés entre 2006 et 2012 (contre 16%). Dans le gaz naturel, elles pèsent 10,4% des volumes assurés par les vingt plus gros acteurs. Dans ce secteur, «une baisse de 10% des investissements […] entraînerait une diminution de 3% de la production sous trois ans», prédit le rapport. Un coup dur pour l’industrie du gaz et du pétrole qui représente «9,6 millions d’emplois» et «7,3% du PIB» américain.
Garder des marges de manœuvre est d’autant plus important pour les banques que le gâteau se réduit. Pour les dix premiers intervenants (dont BNP Paribas, 10e), les revenus liés aux matières premières ont chuté de 20% au premier semestre, à 2,7 milliards de dollars (2 milliards d’euros), selon une étude du cabinet Coalition. Sur toute l’année 2012, ils étaient déjà inférieurs de moitié au niveau de 2008, à 6 milliards. Dans ce contexte, et après une amende massive pour manipulation du cours de l’électricité, JPMorgan a annoncé cet été vouloir sortir partiellement du trading et du stockage de matières premières.
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