Les autorités britanniques veulent encadrer le trading algorithmique
Encadrer strictement le trading algorithmique : telle est la volonté de la Banque d’Angleterre et de l’autorité de marché britannique (FCA), qui ont lancé conjointement, hier, une consultation sur le sujet. Il est vrai que la pratique se développe rapidement, et qu’elle peut donner lieu à des «accidents» de marché, comme la chute soudaine et rapide de la livre en octobre 2016. Un rapport du cabinet de consultants Greenwich Associates relevait récemment l’expansion du trading algorithmique, notamment en ce qui concerne le marché des changes et celui des titres obligataires. «D’abord utilisée pour le trading d’actions, cette technique est de plus en plus populaire chez les intervenants sur le marché des changes, qu’ils appartiennent à des institutions financières ou des grandes entreprises», écrit le cabinet. Au point que «ceux qui n’utilisent pas le trading algorithmique devront bientôt le justifier».
Dans ce contexte, les autorités britanniques soumettent à la consultation plusieurs propositions. D’abord, chaque entreprise ayant recours à cette technique devra désigner un manager de haut niveau qui en sera responsable, notamment devant les autorités en cas d’incident avéré. Ensuite, celui-ci devra définir préalablement au lancement des opérations de trading algorithmique, le cadre précis de son utilisation, comprenant une stratégie de gestion des risques. Enfin, chaque algorithme ne pourrait entrer en action qu’à l’issue d’un processus précis d’approbation, comprenant la justification de son usage. Dans son document, la Banque d’Angleterre insiste sur la nécessité d’une procédure de test impliquant l’ensemble de l’entreprise (front-office, risks managers, fonctions de contrôle..). Une procédure qui devrait permettre à tous ces intervenants de comprendre la logique de fonctionnement de l’algorithme, laquelle faisant l’objet d’une documentation précise.
Cette phase de test serait un préalable obligatoire à tout déploiement. Elle devrait être l’occasion d’évaluer l’ensemble des risques liés à l’utilisation des algorithmes.
Ces modalités de fonctionnement changeraient notablement la vie de nombreuses entreprises : la Banque d’Angleterre évoque des cas où l’utilisation du trading algorithmique ne fait l’objet d’aucune formalisation et n’est même pas précisément répertoriée. La consultation prendra fin le 7 mai.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
La circularité des investissements dans l’IA exacerbe les risques en cas de retournement
La nature très circulaire, presque consanguine, des investissements dans le secteur de l'intelligence artificielle s'explique par des éléments rationnels mais elle pourrait amplifier les conséquences d'un choc financier. -
Contentieux boursier 2025-2026 : une saison particulièrement fournie (2/2)
Dans ce deuxième et dernier volet concernant les contentieux boursiers, Henri-Louis Delsol, avocat associé et Dafna Davidova, avocat chez Delsol avocats, expliquent comment ces affaires participent à la clarification des règles de marché.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'Opinion« Face à la Chine et aux Etats-Unis, Européens et Africains ont un intérêt objectif à agir ensemble »
L'Union européenne reste le premier partenaire commercial du continent africain, qui vit de profondes mutations, entre explosion démographique et bonds technologiques -
Tribune libreElections en Europe : le spectre du post-libéralisme
De nombreux facteurs poussent l'Europe vers le post-libéralisme, mais le combustible politique le plus puissant reste incontestablement l'immigration -
IdentitésBlocage des lycées : trouvons des solutions, plutôt que des coupables
Il faudrait cesser de mesurer l'égalité scolaire au nombre de postes et commencer à regarder le nombre d'heures d'enseignement effectivement reçues par chaque enfant, ainsi que l'expérience de ceux qui les assurent