Les activités de taux des BFI sont à l’aube d’une profonde restructuration
Activité en baisse, exigences réglementaires accrue sur les produits dérivés, et bientôt mise en œuvre du ratio de levier: les activités de taux des banques d’investissement n’ont pas fini de souffrir. L’étude annuelle d’Oliver Wyman et de Morgan Stanley sur le secteur souligne l’ampleur de l’ajustement qui reste à accomplir par les BFI. Alors que la base des revenus dans les taux et change est retombée à 60% des sommets de 2009, le futur leverage ratio pénalisera la rentabilité de ces métiers, encore plus que l’approche Bâle 3 par les risques pondérés.
«Nous estimons que 35% à 40% des actifs Bâle 3 de l’industrie des taux, change et matières premières seront immobilisés dans des activités de taux OTC qui dégagent une rentabilité à un chiffre, même après les actions entreprises pour réduire les bilans», estiment les auteurs de l’étude. La réforme des dérivés de gré à gré, qui s’accompagne d’une exigence accrue de collatéral sur les positions prises, rend plus coûteux le trading de ces produits. Les métiers de taux sont aussi les plus exposés à un retrait désordonné des politiques d’assouplissement quantitatif des banques centrales. Oliver Wyman et Morgan Stanley estiment ainsi que les hésitations autour du tapering de la Réserve fédérale américaine ont coûté 3 à 5 milliards de dollars de revenus au secteur au troisième trimestre 2013.
«Les banques doivent agir de manière radicale», souligne l’étude. «Nous estimons qu’il faut retirer de 15 à 20 milliards de dollars de capital à l’échelle du secteur dans les métiers de taux pour que ceux-ci atteignent leur objectif de rentabilité, compte tenu des revenus attendus», indique le rapport. Les suppressions de postes que Deutsche Bank et Barclays s’apprêtent à dévoiler risquent d’en annoncer d’autres.
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