Les acteurs du financement d’acquisition se soumettent à l’examen de la BCE
Après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, les pratiques de prêts des banques en Europe continentale se retrouvent sous les projecteurs des régulateurs. La Banque centrale européenne leur a demandé en début de mois de lui détailler leurs pratiques de leveraged lending, ces prêts qui servent à financer les rachats par effet de levier des fonds d’investissement (LBO) ou des entreprises. Avec, au bout de l’exercice, une question: la BCE imposera-t-elle, comme la Fed, des contraintes aux banques soumises à sa juridiction ?
La banque centrale attend les informations demandées pour le 19 juin. Tout comme la Fed et la Banque d’Angleterre, qui a mené sa propre revue en début d’année, la BCE s’inquiète de l’appétit croissant des prêteurs pour le risque. L’an dernier, les leveraged loans levés par des entreprises non financières de la zone euro ont atteint 200 milliards d’euros, leur plus haut niveau en sept ans, et ont dépassé les émissions d’obligations à haut rendement, souligne la BCE dans son rapport de stabilité financière, publié hier.
«La détérioration des standards de souscription est évidente, vu la proportion croissante d’émetteurs très endettés, de ratios de couverture des intérêts sous la moyenne, et du segment covenant-lite (à documentation bancaire allégée, ndlr), écrit la BCE. Dans les quatre premiers mois de 2015, près de la moitié des émetteurs européens de leveraged loans avaient un ratio de dette/Ebitda supérieur à 5, contre une moyenne d’un tiers des émetteurs ces 18 dernières années». Les volumes, plutôt décevants en 2015 faute de gros LBO ou fusions-acquisitions, portent la demande des investisseurs. De nombreuses entreprises en profitent pour lancer des renégociations à la baisse du taux de leurs emprunts, à l’image de Technicolor la semaine dernière.
La réponse de la BCE sera lourde de conséquences. Aux Etats-Unis, la Fed a émis en mars 2013 des recommandations relatives au levier maximum et aux clauses contractuelles des prêts. En revanche, la BoE a jugé fin mars le système bancaire «résistant à un stress» et n’a pas pris de mesures, tout en promettant une surveillance accrue.
Une option plus sévère de la BCE créerait donc des distorsions entre les deux marchés. Elle ne réglerait pas non plus tous les problèmes de surchauffe: la banque centrale reconnaît elle-même que les investisseurs institutionnels, et non les établissements de crédit, souscrivent aujourd’hui la majorité des prêts.
Plus d'articles du même thème
-
UBS affiche de nouveaux encours records en gestion d'actifs
La banque suisse a collecté plus de 6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Elle gérait 2.228 milliards de dollars à fin juin. -
CMA CGM finalise l'ouverture du capital de certains de ses ports à la société de gestion Stonepeak
L'opération qui passe par la création d'une coentreprise avait été annoncée en janvier 2026 pour une valorisation de près de 10 milliards de dollars. -
QIC cède un opérateur australien de gazoducs à Morgan Stanley IM
Queensland Investment Corporation (QIC) a vendu Epic Energy, un opérateur de gazoducs en Australie-Méridionale, à Morgan Stanley Investment Management.
ETF à la Une
T. Rowe Price crée le poste de responsable des solutions ETF pour la région EMEA
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.