Les acteurs du «corporate venture» saluent les dernières annonces fiscales
L’une des mesures gouvernementales annoncées à la clôture des Assises de l’entrepreneuriat devrait particulièrement réjouir les nombreuses sociétés qui s’intéressent au monde des start-up: elle prévoit «l’incitation des grandes entreprises à investir dans les jeunes PME innovantes, par l’ouverture d’un droit à un amortissement fiscal de l’investissement».
Cette mesure se rapproche – dans sa philosophie – des Sociétés de financement de l’innovation (SFI), créées dans les années 70 mais tombées en désuétude. Son intérêt: l’amortissement permet une réduction de la prise de risque.
Peu actifs il y a quelques années, les grands groupes ont multiplié les initiatives, comme Bouygues Telecom, Orange, Publicis, Rhodia, Schneider Electric, SNCF, Alstom ou Thales. Les chiffres de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) en témoignent: les fonds provenant des «industriels» (investisseurs non financiers) sont passés de 32 millions d’euros en 2008 – tous en provenance de l’étranger – à 289 millions l’année dernière, à 89% issus d’entreprises françaises. Autre signe, l’Afic a créé un groupe de travail sur le corporate venture.
La manne est providentielle. «Le corporate venture ne se substitue pas totalement à la désaffection des investisseurs financiers, mais il gagne en importance. Etablir un lien avec une grande entreprise peut permettre à la jeune PME innovante de gagner une référence dans les grands comptes et de remporter des contrats internationaux. Cette notion de parrainage est fondamentale dans son accès au marché», indique Denis Champenois, vice-président de l’Afic.
Cela dit, les modalités de la mesure restent à fixer. «Il est important que le texte d’application précise que le droit s’applique également aux placements dans des fonds investissant dans des PME innovantes, sinon le flux restera marginal. Les entrepreneurs comme les grandes entreprises sont très favorables à un dispositif intermédié», prévient Denis Champenois. Un dirigeant sera plus à l’aise avec la présence, plus anonyme, d’un fonds à son capital, plutôt que celle d’une société, qui peut susciter une certaine méfiance chez un client concurrent. Et les groupes préfèrent confier leurs liquidités à une équipe de gérants professionnels, captive ou ouverte à d’autres, qui répartira les risques de manière plus indépendante. L’Afic évalue le potentiel de sociétés intéressées par cette démarche à une centaine en France.
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