Les acquéreurs allemands ont trouvé la France moins attrayante en 2013
Le nombre des fusions et acquisitions franco-allemandes a reculé de 32% en 2013, avec un total de 49 transactions réalisées contre 87 l’année précédente, montre l’étude annuelle du cabinet PwC. Après le record de 52 transactions atteint en 2012, les 35 opérations de la France vers l’Allemagne restent légèrement au-dessus de la moyenne observée entre 2000 et 2013. A contrario, les 20 opérations réalisées par les investisseurs allemands dans l’Hexagone (contre 29 durant l’année 2012) sont à leur plus bas niveau depuis 10 ans.
Après être restée 12 ans derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni au 3e rang des pays qui investissent le plus en France, l’Allemagne a en conséquence perdu une place en 2013, dépassée par la Belgique. La France est de son côté passée du 3e au 4e rang en Allemagne, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse.
Si les sociétés françaises sont toujours intéressées par le dynamisme du tissu économique allemand, leurs homologues d’outre-Rhin expliquent leur moindre enthousiasme envers la France par «le coût du travail élevé, le Code du travail relativement rigide, un manque de visibilité à long terme sur la fiscalité et un interventionnisme étatique fort», relève Olivier Lorang, directeur responsable Transactions du German Business Group chez PwC. A cela s’est greffée une conjoncture économique particulièrement faible en France, propice à l’attentisme.
Les opérations de capital-investissement entre les deux pays sont dans une situation paradoxale. Si les 9 transactions sur des cibles françaises effectuées l’an dernier par des fonds allemands font encore pâle figure par rapport aux 15 opérations réalisées par des acteurs français du ‘private equity’ en Allemagne, les fonds allemands «semblent apprécier la concurrence moindre entre acquéreurs en France». Ceux-ci sont passés en deux ans de la 6e à la 3e place du classement des pays investissant le plus en France sur ce segment de marché. Les fonds français sont de leur côté descendus en 4e position l’an dernier outre Rhin, après être montés de la 5e à la 3e place entre 2011 et 2012.
Olivier Lorang a par ailleurs constaté en 2013 «un allongement de plusieurs mois de la durée de réalisation des transactions franco-allemandes, en raison de phases de ‘due diligence’ approfondies nécessitant notamment une intervention plus longue des missions de conseil, ce qui entraîne un décalage dans le bouclage des opérations».
{"title":"","image":"80632»,"legend":"Fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester