L’Erafp se retrouve au cœur du projet gouvernemental
L’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp) se retrouve au centre du projet de relance de l’investissement voulu par le président de la République, à l’occasion des Assises du financement et de l’investissement lundi. Un décret doit notamment modifier d’ici à la fin de l’année les statuts de l’Erafp, qui est obligé de consacrer au moins 65% de ses placements aux obligations.
«Tout ce qui peut mobiliser du capital long, patient en faveur de l’économie, en particulier des PME et des ETI, est une bonne nouvelle», déclare à L’Agefi Philippe Desfossés, son directeur, qui se positionne en effet comme un acteur clé du financement des entreprises. «L’Erafp n’a que dix ans d’existence; sa montée en charge durera encore une quarantaine d’année. Au cours de cette période, l’Erafp bénéficie de cash-flows nets positifs, évalués à 2 milliards d’euros par an pendant les dix prochaines années. Peu d’investisseurs longs peuvent s’en prévaloir», précise-t-il. L’établissement est aujourd’hui dans une position frustrante: ses engagements de passif sont de très longue durée, il bénéficie d’une liquidité importante, mais se voit très contraint dans son allocation d’actifs.
En dehors du poids des obligations, dont les perspectives de rendement sont limitées étant donné la faiblesse durable des taux d’intérêt, l’Erafp ne peut investir dans aucun fonds ouvert. Une restriction dommageable, selon son directeur. «Ne pouvoir investir que dans des fonds dédiés présente plusieurs inconvénients: cela exige des procédures d’appel d’offres lourdes et nous empêche de nous associer avec d’autres investisseurs, ce qui peut pourtant se révéler nécessaire dans certaines classes d’actifs, où le montant de chaque investissement peut être très élevé, dans les infrastructures notamment», explique-t-il, mais aussi dans le private equity ou l’immobilier.
Ce statut empêche également l’Erafp de répondre favorablement aux propositions de co-investissement, si ce n’est au prix de contournements coûteux – comme souscrire aux fonds Novo de prêts à l’économie, gérés par des sociétés de gestion qu’il faut rémunérer, alors que l’établissement aurait vocation à prendre directement ce type d’initiatives.
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