Leonardo va associer ses banquiers au capital de l’activité conseil
Gerardo Braggiotti accélère la mue de Banca Leonardo, le groupe financier qu’il a créé en 2006. Des quatre métiers d’origine – conseil, gestion d’actifs, gestion privée et courtage – seuls deux subsisteront. Le courtage a été apporté fin avril à Kepler. Et la banque va céder à TA Associates le contrôle de DNCA Finance, sa filiale de gestion en France, pour en garder moins de 20%.
Le conseil en fusions et acquisitions restant le moteur du groupe, Gerardo Braggiotti entend associer ses banquiers au capital de l’activité. «Le groupe travaille à une forme de partnership, pour une concrétisation courant 2012, explique Jean Peyrelevade, président de Leonardo en France. L’idée est de faire entrer les associés au capital d’une holding européenne dans laquelle la banque aurait une participation minoritaire, et qui serait le seul actionnaire des structures de conseil dans chacun des sept pays où Leonardo est présent».
Cette holding sera une simple structure de contrôle. «Il n’y aura pas de structure centrale, précise Jean Peyrelevade. C’est l’une des forces de Leonardo: chaque pays a son patron, et nous pouvons faire jouer très vite les coopérations entre les différents bureaux pour des opérations transfrontières en Europe continentale».
En France, la boutique connaît un début d’année en fanfare, avec une vingtaine de transactions signées. Elle vient d’épauler le fonds Bridgepoint pour le rachat de Foncia (1 milliard d’euros) et Astorg sur celui de Saverglass (350 millions). Leonardo commence à compter sur un marché du LBO français dominé par Rothschild. «Aujourd’hui, une part significative des commissions de M&A des banques vient du LBO, mais il y a finalement peu d’acteurs sur le marché français qui ont une position forte auprès de cette clientèle, indique Ludovic Tron, managing director. Depuis dix-huit mois, nous avons noué des liens avec de nombreux fonds et nous souhaitons continuer à renforcer ces relations». Leonardo Midcap CF, la structure montée en 2009 par des anciens d’Aforge, en tire même 70% de ses revenus.
Pour les opérations dépassant les 300 millions d’euros, Leonardo reste en revanche loin de Rothschild ou Lazard. Pour muscler son offre, la banque compte recruter un spécialiste du financement, et deux à trois managing directors. Enfin, les équipes du large cap et de Leonardo Midcap (45 personnes en tout), aujourd’hui séparées, vont se rapprocher. Elles emménageront fin 2011 rue de Lisbonne, à Paris.
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