L’entrée en Bourse de BTG Pactual valorise la banque brésilienne onze milliards d’euros

L’offre de titres, la plus importante au Brésil depuis la filiale locale de Santander en 2009, a été placée en milieu de fourchette
Antoine Duroyon

Le milliardaire Andre Esteves, qui contrôle les rênes de Banco BTG Pactual avec 24,5% du capital, est en passe de réussir son pari. L’introduction en Bourse de la banque d’investissement se déroule sur des rails et son fondateur devrait voir la valeur de son investissement monter en flèche. Le prix de l’offre a été fixé à 31,25 réaux par unité - laquelle représente une combinaison d’actions ordinaires et de préférence, selon le communiqué publié ce matin par la banque. Un prix qui lui permet de lever 3,66 milliards de réaux, soit 1,5 milliard d’euros.

La fouchette indicative s'établissait entre 28,75 et 33,75 réaux. Un tel niveau de prix valorise la banque 27,4 milliards de réaux (près de 11 milliards d’euros), soit trois fois la valeur comptable de l'établissement, un niveau qui rappelle celui affiché par Goldman Sachs lors de sa cotation en 1999.

Selon IFR (Thomson Reuters), quelque 170 investisseurs européens, américains et brésiliens ont placé des ordres pour 6,6 milliards de dollars. Les banques y ont participé activement, avec notamment un ticket d’environ 800 millions de dollars pris la semaine dernière. BTG Pactual a prévu d'émettre jusqu'à 121,5 millions d’unités, ce qui donnerait avec le prix retenu un total de 3,79 milliards de réaux (2 milliards de dollars environ).

BTG Pactual a pris en charge l’opération pour son propre compte, assistée de Banco Bradesco, Goldman Sachs et JPMorgan. Les négociations sur le titre doivent démarrer demain à Sao Paulo sous le symbole BBTG11.BR. La banque sera également présente sur le Vieux continent via des certificats négociables (global depositary receipt - GDR) cotés à Amsterdam.

L’opération donne un coup de projecteur au marché boursier brésilien. Elle est la plus importante depuis l’entrée en Bourse de Banco Santander Brasil, filiale locale de Santander, qui avait levé 13,2 milliards de réaux en 2009. Et il s’agit de la deuxième cette année après les 165 millions de dollars récoltés par le loueur de voitures Locamerica la semaine dernière. Mais alors que ce dernier avait dû consentir à un prix en bas de fourchette, il n’en a pas été de même pour BTG Pactual. Preuve que le nom d’Andre Estesves, toutefois terni par une amende en Italie de 350.000 euros pour délit d’initié, continue de symboliser le succès de la finance brésilienne.

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