L’économie française émet de nouveaux signaux négatifs
Prix en berne, production industrielle décevante. Les récents signaux émis par l’économie française enfoncent douloureusement le clou de l’enlisement économique du deuxième trimestre 2016.
Sur le front de l’inflation, l’Insee a indiqué ce jeudi que les prix à la consommation ont bien diminué de 0,4% en juillet en France (après +0,1% en juin), principalement sous l’effet des soldes d'été et du recul des prix pétroliers. L’Institut national de la statistique et des études économiques précise que sur un an, les prix maintiennent une progression de 0,2% comme en juin.
En données corrigées des variations saisonnières, les prix à la consommation sont en revanche restés stables le mois dernier (après +0,1% en juin).
L’Insee a également confirmé ses premières estimations pour l’indice des prix harmonisé IPCH, qui permet des comparaisons avec les autres pays de la zone euro, avec une baisse de 0,4% sur le seul mois de juillet et une hausse de 0,4% sur un an.
L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics et produits à prix volatils) a ralenti le mois dernier, son évolution sur un an s’inscrivant à +0,5%, après une hausse de 0,7% les deux mois précédents. Quant à l’inflation hors tabac, elle s'établit à +0,2% en rythme annuel.
Portés par la traditionnelle augmentation au moment des vacances d'été, les prix des services ont augmenté de 1% le mois dernier (+0,8% sur un an). La progression a notamment été marquée pour les prix des services d’hébergement (+10,3% sur un mois), les tarifs des voyages touristiques tout compris (+14,4% en juillet) et ceux du transport aérien (+21,7%).
Les prix de l’alimentation se sont inscrits en très légère hausse (+0,1% sur un mois, +1,2% sur un an).
En revanche, les prix des produits manufacturés ont reculé de 2,9% en juillet (-0,3% sur un an), principalement du fait des soldes d'été qui se sont traduits par une baisse de 14,2% (+0,7% sur un an) des prix dans l’habillement et les chaussures. De leur côté les prix de l'énergie ont renoué avec la baisse (-1,3% en juillet et -3,3% sur un an) après quatre mois consécutifs d’augmentation.
Le signal négatif sur les prix des produits manufacturés est particulièrement mal venu. En juin la production industrielle de la France a encore reculé de 0,8%, retombant à son plus bas niveau depuis onze mois. L’Insee invoque l’impact de la grève dans les raffineries entamée en mai et qui s’est prolongée jusqu’aux premiers jours de juin.
La seule production manufacturière a diminué de 1,2%.
L’institut a confirmé à -0,5% l’ampleur de la baisse de la production industrielle de mai et revu en légère hausse, à +0,1% contre 0% initialement, celle de la production manufacturière.
Les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur une hausse de 0,1% de la production industrielle de juin.
Sur l’ensemble du deuxième trimestre, celle-ci affiche une baisse de 0,1% et la production manufacturière recule de 0,2%.
Sur un an, la production industrielle (+0,4%) comme la production manufacturière (+0,3%) enregistrent encore une petite hausse.
Le coup d’arrêt de la production industrielle sur mai et juin était déjà visible dans les chiffres publiés fin juillet du PIB français du deuxième trimestre, dont la croissance a été nulle.
Il est dû en bonne partie à la chute de 11,7% de la production dans le secteur du raffinage, avec les blocages et grèves qui ont accompagné le mouvement de protestation contre le projet de loi travail.
Mais le deuxième trimestre a aussi été difficile pour les industries agroalimentaires (-2,3%) alors que la production a augmenté de 1,7% dans les matériels de transport.
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