L’économie britannique en sursis
Au lendemain du Brexit, l’indice des directeurs d’achat (PMI) montrait une économie britannique affaiblie et subissant sa plus forte contraction d’activité depuis la crise de 2007-2008, note Sandard & Poor’s (S&P) dans une analyse publiée le 12 septembre. La livre s’échangeait alors 10% en dessous de sa valeur du mois de juin.
Malgré tout, les données parues depuis août semblent indiquer que cette mauvaise passe n’est que temporaire, estiment les auteurs du rapport. En effet, l’économie connait une nouvelle phase de croissance portée par le secteur tertiaire et par une demande croissante sur le marché domestique. Ce sursaut profite au marché de l’emploi. Le Markit/REC index signale un accroissement du nombre d’emplois permanents pour la première fois depuis trois mois.
Toutefois, Sophie Tahiri économiste à Standard & Poor’s se montre prudente : « Même après la reprise, certains indicateurs restent en dessous de leur valeur pré-référendum. La confiance des consommateurs, s’est quasiment redressée à son niveau d’avant le référendum, mais reste néanmoins proche des niveaux enregistrés fin 2013 lorsque les budgets des ménages étaient encore écrasés par une inflation élevée et un taux de chômage important. » Plus loin elle ajoute que « l’incertitude qui entoure l’avenir du Royaume Uni hors de l’UE et les risques économiques associés » vont progressivement se faire sentir « particulièrement sur l’investissement, à mesure que les entreprises feront face à la nouvelle réalité du Brexit ».
Depuis le référendum, la BCE a choisi de maintenir sa politique monétaire à l’identique, en l’absence de risque venu de l'économie britannique. Elle a même revu ses prévisions de croissance pour la Grande-Bretagne à la hausse de 0,1% pour 2016. La BCE semble pourtant déterminée à agir, mais en Décembre, selon S&P. Le rapport prévoit que l’institut d'émission étende son programme de quantitative easing, aujourd’hui fixé à 80 milliards d’euros par mois pour stabiliser l’économie, tout en élargissant les critères d’éligibilité (notamment le taux plancher fixé aujourd’hui à -0,4%).
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