Le Venezuela engage un bras de fer avec ses créanciers
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Patrick Aussannaire
Le président vénézuelien Nicolás Maduro
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Bloomberg
Le président vénézuelien Nicolás Maduro a annoncé hier soir que son gouvernement allait entamer un refinancement et une restructuration de sa dette extérieure totale estimée à environ 140 milliards de dollars. «J’ai décidé par décret un refinancement et une restructuration de la dette extérieure du Venezuela et des remboursements», a déclaré Nicolás Maduro. Une commission spéciale dirigée par le vice-président Tareck El Aissami, qui fut l’un des principaux responsables vénézuelien à l’origine des sanctions imposées au pays par les Etats-Unis au mois d’août dernier, sera chargée des négociations avec les créanciers.
A court terme, Nicolás Maduro a cependant indiqué que le pays avait bloqué la somme de 1,1 milliard de dollars nécessaires pour honorer une échéance due vendredi par sa société pétrolière PDVSA, ce qui lui permet d'éviter un défaut de paiement immédiat.
Le pays se voit confronté à des échéances supplémentaires de 800 millions de dollars d’ici la fin de l’année, puis de plus de 8 milliards l’année prochaine et de 14 milliards en 2019. Les réserves de change du pays ont fondu d’environ 75% depuis leurs plus hauts niveaux atteints en 2008 à un montant de 10 milliards de dollars qui couvre à peine plus d’une année d'échéances.
Malgré un mouvement de baisse enregistrée au cours des dernières semaines, le CDS 1 an souverain du Venezuela a presque doublé depuis ses niveaux du mois de février dernier, à environ 7.500 pb. Goldman Sachs est l’un des plus gros détenteurs d’obligations vénézueliennes qui représentent plus de 4% de son fonds Marchés émergents. Après lui avoir permis de dégager une performance de près de 10% au cours de l’an dernier, les titres vénézueliens détenus par le fonds Goldman Sachs avaient perdu 9,3% de leur valeur depuis le début de l’année au 24 octobre, selon les données récentes fournies par Bloomberg.
La dette des pays émergents, en dollar ou en monnaie locale, a rebondi après la volatilité consécutive au conflit au Moyen-Orient mais avec de la dispersion. Le marché se focalise désormais davantage sur la politique monétaire américaine.
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