Le secteur bancaire alerte sur le financement des collectivités publiques
S’il est une catégorie d’emprunteurs qui cumule les handicaps dans le futur monde dessiné par Bâle 3, c’est celle des collectivités publiques. Un certain nombre de banquiers commencent à tirer la sonnette d’alarme, estimant que les nouvelles règles de liquidité du Comité de Bâle vont pénaliser leur financement. «Le système qui se met en place nous amènera à diminuer la durée des financements les plus longs et à donner la priorité aux contreparties qui génèrent de l’épargne», prévient Bertrand Corbeau, directeur général de la Fédération nationale du Crédit Agricole, dans un entretien à L’Agefi.
Les collectivités publiques ne sont déjà pas aujourd’hui des pourvoyeurs de liquidité, puisqu’elles sont obligées de déposer leurs fonds auprès de l’Etat. Mais les concours qui leur sont accordés coûteront, demain, plus cher aux banques. Le ratio de liquidité à 30 jours créé par le Comité de Bâle exclut les prêts aux entités publiques du bassin des actifs les plus liquides. Les banques devraient par ailleurs considérer qu’en situation de crise, les crédits court terme peuvent être tirés à hauteur de 10% s’il s’agit d’engagements de crédit, voire à 100% s’il s’agit d’engagements de liquidité. Cerise sur le gâteau, la quantité de créances mobilisables auprès de la BCE pour accéder à la liquidité banque centrale devrait être réduite à l’avenir.
«Les ratios ont un impact direct sur le marché interbancaire, et donc sur le prix de la ressource, qui va être intégrée dans le coût des crédits», estime le responsable de l’activité secteur public d’une banque française.
Cette remontée des prix a déjà commencé. En juin 2010, un prêt amortissable à 20 ans pouvait encore être facturé entre 40 et 65 points de base au-dessus de l’Euribor. Six mois plus tard, la fourchette oscille entre 60 et 110 pb. Et les professionnels anticipent une hausse supplémentaire de 20 à 30 pb cette année. La maturité moyenne des prêts, qui s’est allongée ces dernières années au-delà de 15 ans, devrait à nouveau raccourcir. Enfin, certains acteurs pourraient lever le pied: la Société Générale l’aurait déjà fait au deuxième semestre, en anticipation des nouvelles règles, selon des concurrents.
A toute chose malheur est bon. Pour les banques, le cas des collectivités est aussi l’occasion de faire sortir le débat autour de Bâle 3 des chapelles d’experts afin de lui donner une résonance politique.
Plus d'articles du même thème
-
Genfit profite en Bourse du remboursement de son diagnostic dans la maladie du «foie gras»
Aux Etats-Unis, Medicare remboursera ce test au prix unitaire de 252 dollars dès le 10 août prochain. La biopharmaceutique donnera plus de détails à la rentrée sur cette deuxième source de revenus récurrents. -
Le ciel s’éclaircit pour les constructeurs américains de véhicules électriques
Les ventes trimestrielles de Tesla ont nettement dépassé les attentes, tandis que Rivian a relevé ses prévisions de livraisons pour l’ensemble de l’année. -
La justice française saisit 45 millions d'euros chez Santé Cie, détenu par Ardian
Cette saisie s'inscrit dans le cadre d'une enquête sur les relations du groupe avec certains professionnels de santé, révèle le Financial Times. La dette de Santé Cie a chuté de près de 50%.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Contenu de nos partenaires
-
TribuneRéconcilier les diverses formes de progrès à travers l’excellence stratégique – par Daniele Chiarella
A mesure que résonnent des discours pessimistes ou déclinistes, l’idée s’est répandue que les progrès scientifiques, techniques, économiques et humains sont devenus non seulement distincts, mais antinomiques. C’est là une rupture brutale avec une vision unitaire du Progrès, qui nous porte depuis le siècle des Lumières -
Le détail du plan à 100 milliards d'euros du Medef pour purger le déficit
Le Medef dévoile un plan drastique visant à économiser plus de 100 milliards en ciblant fonctionnaires, retraites et aides sociales dès 2027 -
Trois millions d’euros ou « ça sera la liquidation » : la Fonderie de Bretagne placée en redressement judiciaire
Ce vendredi, l’industriel spécialisé dans la production de pièces automobiles a été placé en redressement judiciaire, seulement un an après son rachat par Europlasma