Le scénario du retour à la récession aux Etats-Unis sort du domaine de la fiction
Le consommateur américain broie du noir, ce qui n’est pas bon signe pour l’économie des Etats-Unis. Vendredi, l’université du Michigan a jeté le trouble en publiant un indice de confiance contre toute attente en retrait, à 63,8 contre 71,5 en juin. Au plus bas depuis mars 2009, sur fond de craintes sur les revenus et l’emploi. Si un chiffre mensuel encore isolé ne peut témoigner d’un retournement économique selon le rapporteur du sondage Richard Curtin, le niveau de prudence affiché ce mois-ci par le consommateur sur ses attentes, lui aussi à un plus bas depuis le plus fort de la crise, a toujours été synonyme de proximité d’une récession.
Un spectre immédiatement brandi par Goldman Sachs. En prenant soin de stipuler qu’il ne s’agissait pas de son scénario, la banque a indiqué que le retour à la récession constituait «clairement une possibilité à la lecture des indicateurs économiques récents». Pour l’heure, elle a abaissé de 0,5 et 0,75 point respectivement sa prévision de croissance au deuxième et au troisième trimestre, à 1,5 et 2,5%. En prévenant que ses estimations pour fin 2011 et pour 2012 étaient sous revue. Cette fragilité va bien au-delà des difficultés d’approvisionnement causées par le séisme japonais du 11 mars, qui après avoir amputé la croissance d’un demi-point au deuxième trimestre selon la banque pourrait d’ailleurs la renforcer d’autant au suivant. Goldman Sachs se désole notamment d’«une croissance des ventes finales qui s’est ralentie à un rythme typiquement visible uniquement en cas de récession».
Les membres de la Nabe font preuve d’un même regain de vigilance, révisant à la baisse leurs attentes de croissance cette année. Quand bien même 1% seulement de ces économistes continuent d’envisager une baisse du PIB en 2011 depuis le précédent sondage trimestriel publié en avril, ils sont désormais 23%, soit 18 points de plus, à tabler sur une croissance inférieure ou égale à 2,0%.
De quoi attendre avec circonspection la publication la semaine prochaine du Livre beige de la Fed (le 27 juillet) ou la publication préliminaire du PIB américain au deuxième trimestre (le 29 juillet). D’ici là, des indicateurs immobiliers aujourd’hui et demain ainsi que l’indicateur avancé du Conference Board et l’indice d’activité de la Fed de Philadelphie jeudi auront de nouveau donné du grain à moudre aux observateurs.
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