Le S&P 500 se montre impuissant à enrayer l’érosion de ses résultats
Alors qu’Alcoa a officiellement ouvert hier, sur une mauvaise note, la saison de publication des résultats du troisième trimestre, le S&P 500 s’apprête à battre un record : les comptes des groupes de l’indice de référence de la Bourse américaine devraient subir leur sixième repli trimestriel consécutif.
Du jamais vu depuis que FactSet a commencé en 2008 à compiler cette série statistique. Selon le bureau d’analyses financières, le résultat cumulé du S&P est attendu en baisse de 2,1% au troisième trimestre. Les analystes de JPMorgan sont un peu moins pessimistes en tablant sur un repli trimestriel de 0,8%. Mais «au début de l’exercice, les projections étaient proches d’une croissance de 10%», tempèrent-ils immédiatement pour rappeler l’ampleur de la dégradation. En Europe, pour le Stoxx 600, JPMorgan s’attend à une érosion de 1,9% des résultats trimestriels.
Depuis un an et demi, contrairement à ce que laisse penser le niveau de l’indice américain, toujours proche de ses plus hauts historiques, les résultats des groupes du S&P 500 ne cessent donc de s’éroder. Et la tendance risque de se poursuivre.
«Même si les entreprises, comme c’est désormais la tradition, vont probablement battre leurs prévisions habilement pilotées et réduites, ces bonnes surprises seront insuffisantes pour conduire à un relèvement des estimations de bénéfices pour les prochains trimestres», prévient JPMorgan. Le consensus veut encore croire à une croissance de 13% des bénéfices du S&P 500 en 2017, ce qui supposerait une accélération de l’activité économique aujourd’hui improbable. JPMorgan note que cette croissance de 13% nécessiterait un indicateur avancé (ISM) dans la sphère des 54-57 points, alors qu’il est actuellement de 51,5 points.
Ce raisonnement vaut aussi en Europe. Avec une croissance de 13% pour 2017, «le consensus de bénéfice par action du Stoxx 600 est trop élevé», préviennent les stratégistes actions de Deutsche Bank. En cause, notamment, l’effet de la faiblesse des taux. Si elle profite aux entreprises non financières, en allégeant leurs intérêts, elle touche aussi de plein fouet le secteur bancaire. Or, celui-ci représente 26% des résultats du Stoxx 600, rappelle Deutsche Bank, contre un poids de 18% dans le S&P 500.
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