Le rôle de la finance de l’ombre devrait se renforcer dans les M&A
Le financement des transactions par les banques ou les fonds de pension sera bridé par les nouvelles réglementations visant ces acteurs
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Yves-Marc Le Reour
Les nouvelles réglementations touchant le secteur financier en Europe auront un impact significatif sur les fusions et acquisitions. C’est l’opinion unanime d’un panel de banquiers et de juristes réunis mercredi par Merrill Datasite et IFR (groupe Thomson Reuters) sur ce sujet. Le principal changement devrait porter sur le poids des acteurs traditionnels (banques et assureurs) par rapport aux prêteurs alternatifs dans le financement des transactions.
Confronté à des changements majeurs découlant de l’application progressive des règles de Bâle 3 d’ici à janvier 2019, le secteur bancaire est engagé dans un processus de renforcement de ses fonds propres qui se traduira par un niveau minimum de 7% pour son ratio de capital «core tier 1», ce qui incite les grandes banques à réduire la taille de leur bilan. Une évolution analogue est à l’œuvre dans l’assurance qui devra se plier aux règles de Solvabilité 2 à l’horizon 2016. «Comme les textes finaux ne seront pas disponibles avant fin 2013, on ne peut exclure un nouveau report de leur mise en œuvre», avance Michael Fazio, managing director chez Houlihan Lokey. A cela s’ajoute la directive IORP 2 dédiée aux fonds de pension, qui vise aussi à renforcer le niveau de solvabilité de ces acteurs.
Ces prêteurs traditionnels laisseront donc plus de place aux fonds d’arbitrage et de capital-investissement qui disposent de liquidités très importantes à l’heure actuelle. Ces acteurs alternatifs ont profité du bas niveau des taux d’intérêt pour accroître leur effet de levier, ce que ne peuvent faire banques ou assureurs. «Cette tendance pourrait néanmoins être freinée par la directive AIFM, destinée à encadrer la gestion alternative, qui doit être transposée d’ici au 22 juillet prochain par l’ensemble des Etats membresde l’Unioneuropéenne», relève Corinna Mitchell, associée au cabinet d’avocats Dechert.
Quant à la taxe sur les transactions financières, qui devrait être appliquée en janvier 2014 dans 11 Etats membres, elle pourrait restreindre les mouvements de consolidation dans les services financiers en raison de son caractère extraterritorial. Enfin, le code amendé sur les OPA au Royaume-Uni, entré en vigueur ce mois-ci, est susceptible de ralentir certaines opérations, en rendant obligatoire la consultation des mandataires (trustees) des régimes de retraite à prestations déterminées des sociétés-cibles.
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Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités.
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