Le retour des opérations de LBO devrait se poursuivre en 2011
Plutôt positive sur les perspectives économiques, Goldman Sachs est revenue sur les facteurs qui devraient continuer à renforcer la part des LBO dans les fusions-acquisitions (21% des volumes en 2010 en Europe). «Le cycle M&A devrait se poursuivre avec une réouverture au private equity, à l’achat mais aussi et surtout à la vente», ont expliqué Vincent Catherine et Céline Méchain, executive et managing directors de la banque d’affaires.
Le montant des LBO a plus que doublé l’an dernier, à 128 milliards de dollars dont 43 en Europe, mais à 70% avec des opérations secondaires sur le Vieux Continent et en France... «C’est possible tant que les fonds de fonds et autres investisseurs institutionnels ne sanctionnent pas les gérants sur ces stratégies, ou que ces derniers arrivent à construire ‘une nouvelle histoire’ autour de l’entreprise, ce qui va devenir nécessaire désormais», prévient Céline Méchain, évoquant des levées devenues difficiles.
La concurrence des industriels restera imbattable à l’achat dans certains secteurs et, dans l’autre sens, les «spin-off» de grands groupes assez épisodiques : «certains projets sont attendus depuis dix ans, mais les corporate ont restructuré leur bilan et proposent peu de dossiers». On peut citer Conforama, qui semble cependant plutôt devoir sortir auprès du sud-africain Steinhoff, Groupe Lucien Barrière ou Verallia, même si le projet d’IPO paraît plus plausible pour le moment...
Le marché sera donc encore conduit par les besoins de sortie de plusieurs fonds: «Les vendeurs vont revoir leur prix et se rapprocher des acheteurs face à un double effet volume et révision des plans d’affaires sur les dossiers à croissance réduite.» Ils pourront aussi être poussés à la vente par des besoins de refinancement pressants. «Si le ‘mur de dette’ arrive plutôt en 2014-2016, avec 109 milliards d’euros sur trois ans en Europe, 60% des CLO (ndlr: véhicules investis dans les prêts à levier) atteindront la fin de leur période de réinvestissement dès 2012, ce qui rendra les renégociations plus difficiles au-delà. On peut espérer que certains acteurs l’anticiperont dès 2011», rappelle Vincent Catherine. La banque, qui a participé aux récentes émissions de ATU, Hapag-Lloyd ou Ziggo, voit dans les obligations «high yield» un bon moyen pour se refinancer malgré le contexte actuel volatil sur les marchés de dette européens.
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