Le retour de la confiance reste fragile dans les fusions et acquisitions
La hausse de l’activité constatée au quatrième trimestre 2012 sur le marché des fusions et acquisitions constitue un signal positif mais fragile pour 2013. C’est l’opinion du panel de banquiers invités à s’exprimer lors d’une conférence organisée hier par Merrill Datasite et IFR (groupe Thomson Reuters). Christos Tomaras, qui dirige le financement M&A Europe chez Goldman Sachs, constate en ce début d’année «un niveau de confiance un peu plus élevé, lié notamment à une volonté de compromis entre le Congrès et la Maison-Blanche pour éviter le mur budgétaire».
Après avoir reconstitué leur trésorerie, les entreprises européennes seront logiquement incitées à se tourner vers la croissance externe pour se développer ou optimiser leur portefeuille d’activités, tandis que certains gouvernements dans la région sont sous pression pour accélérer les privatisations. Mais la volatilité boursière toujours présente complique les discussions entre vendeurs et acquéreurs sur le juste prix des transactions. De plus, le rebond des marchés «devra être confirmé par la publication des résultats annuels des sociétés», relève Alastair Macdonald, responsable du financement d’acquisitions pour la zone EMEA chez Deutsche Bank.
Les banques sont de leur côté engagées dans un processus de réduction de la taille de leur bilan, d’où l’importance prise par les prêts «bridge to bond» dans les transactions de taille significative, ce qui suppose un refinancement ultérieur sur le marché obligataire. Néanmoins, «le financement d’acquisitions sert aux banques à accroître le volume d’affaires réalisé avec leurs entreprises clientes», souligne Paolo Grassi, responsable de la syndication de prêts à effet de levier chez BNP Paribas. La propension des banques à optimiser la gestion de leur portefeuille de clientèle favorise d’ailleurs l’utilisation des «Club Deals» pour la dette d’acquisition.
La discipline financière accrue des banques et des acteurs du private equity devrait empêcher l’endettement excessif constaté en 2006-2007 dans les opérations de LBO, en dépit d’une liquidité importante largement investie sur le marché de la dette corporate à haut rendement en 2012. En revanche, «les entreprises appartenant à des secteurs peu cycliques et qui ont fortement réduit leur structure de coûts pourraient être tentées d’accroître leur levier financier», conclut Alastair Macdonald.
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