Le retour de la confiance peine à stimuler les projets d’acquisition
Bien que l’opinion des dirigeants d’entreprises sur l’évolution de l’économie mondiale soit plus favorable qu’il y a 6 mois, ces derniers continuent à faire preuve d’une grande prudence en matière de croissance externe. C’est l’un des principaux enseignements du dernier baromètre semestriel «Capital Confidence» d’Ernst & Young, réalisé auprès de 1.600 grandes entreprises dans 50 pays. Plus de la moitié des responsables interrogés estiment désormais que l’économie mondiale est sur la voie d’une amélioration, contre 22% en octobre dernier.
Cette hausse de la confiance touche également les perspectives de progression des bénéfices, qui recueillent 51% d’opinions favorables contre 30% à l’automne dernier, ou l’accès au crédit (49% contre 26%). Les dirigeants espagnols et français se montrent les plus réservés concernant l’évolution de leur activité domestique. Interrogés sur leur priorité pour les 12 prochains mois, 52% des responsables mondiaux mentionnent la croissance, soit une progression de 11 points en 6 mois, tandis qu’une proportion stable (31%) reste concentrée sur la réduction des coûts. Par ailleurs 40% d’entre eux (contre 38%) veulent mettre l’accent sur les investissements.
Si un large consensus (72%) se dégage en faveur d’une augmentation des opérations de fusions et acquisitions à l’échelle mondiale, seulement 29% des répondants anticipent une ou plusieurs acquisitions pour leur propre entreprise sur les 12 prochains mois, alors que 45% pensent consacrer leurs surplus de trésorerie à la croissance interne. Parmi ceux qui songent à une acquisition, 88% (contre 84% en octobre) se disent prêts à effectuer une transaction inférieure à 500 millions de dollars, en privilégiant le secteur technologique, l’automobile, les sciences de la vie, les biens de consommation et les hydrocarbures.
Ce «paradoxe de la confiance» conduit 29% des entreprises à envisager des cessions d’actifs sur la période. Les désinvestissements constituent désormais «un outil stratégique destiné à créer de la valeur de façon moins risquée qu’à travers une acquisition», explique Daniel Benquis, associé Ernst & Young, en ajoutant que ce comportement doit être considéré comme normal après la crise financière de 2008. Concernant la valorisation des actifs, 44% des dirigeants (contre 31% en octobre) tablent sur une hausse durant les 12 prochains mois, 7% d’entre eux (contre 27%) anticipant un repli.
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