Le régulateur britannique durcit les règles en matière d’audit

La décision de contraindre les entreprises à changer d’auditeur n’a cependant pas été retenue, au grand soulagement des «Big Four» du secteur
Stéphanie Salti, à Londres
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La réforme de l’audit prend forme outre-Manche. Après près de deux ans d’enquête, le régulateur en charge de la concurrence, la Competition Commission, a publié hier ses recommandations préliminaires qui devraient permettre de favoriser un surcroît de concurrence et de qualité dans le secteur de l’audit britannique, dominé par Deloitte, KPMG, PwC et Ernst & Young.

Selon le rapport, les 350 plus grosses capitalisations boursières outre-Manche (FTSE 350) vont devoir remettre en concurrence leur contrat de commissariat aux comptes au moins tous les cinq ans. Ce n’est qu’à titre exceptionnel que cet exercice pourra être différé de deux années et cette modification sera progressivement mise en place sur une période de cinq ans.

Ces nouvelles règles sur la rotation vont ainsi plus loin que la décision récente prise par le FRC, Financial Reporting Council, le régulateur britannique de l’audit, qui avait demandé aux entreprises de remettre leurs contrats d’audit en concurrence une fois tous les dix ans. Les principaux cabinets, qui avaient soutenu la décision de la FRC, se sont montrés en revanche sceptiques sur cette nouvelle échéance.

Selon David Barnes, responsable des politiques publiques au sein de Deloitte UK, «cette mesure a peu de chances d’améliorer la qualité d’audit ou de favoriser un surcroît de compétition, pas plus qu’elle ne bénéficiera aux actionnaires ou aux entreprises». Les coûts additionnels, estimés actuellement à 30 millions de livres, pourraient aussi s’avérer beaucoup plus élevés, selon KPMG.

Les «Big Four» ont en revanche accueilli avec soulagement la décision de l’autorité de la concurrence de ne pas rendre obligatoire une rotation d’auditeurs pour les entreprises, comme elle l’avait avancé dans un rapport d’étape publié en février. La commission n’a pas non retenu sa décision préliminaire d’exiger la présence de deux cabinets d’audit pour vérifier les comptes d’une entreprise. En revanche, elle a confié davantage de pouvoirs au FRC, chargé désormais de favoriser un surcroît de compétition dans le secteur.

Les grands cabinets d’audit britanniques ne sont pas pour autant sortis d’affaire : le projet de réforme européen en matière d’audit, actuellement à l’étude, pourrait se révéler plus sévère que la mouture britannique. Un rapport définitif doit être publié d’ici au 20 octobre prochain outre-Manche.

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