Le régulateur britannique durcit les règles en matière d’audit
La réforme de l’audit prend forme outre-Manche. Après près de deux ans d’enquête, le régulateur en charge de la concurrence, la Competition Commission, a publié hier ses recommandations préliminaires qui devraient permettre de favoriser un surcroît de concurrence et de qualité dans le secteur de l’audit britannique, dominé par Deloitte, KPMG, PwC et Ernst & Young.
Selon le rapport, les 350 plus grosses capitalisations boursières outre-Manche (FTSE 350) vont devoir remettre en concurrence leur contrat de commissariat aux comptes au moins tous les cinq ans. Ce n’est qu’à titre exceptionnel que cet exercice pourra être différé de deux années et cette modification sera progressivement mise en place sur une période de cinq ans.
Ces nouvelles règles sur la rotation vont ainsi plus loin que la décision récente prise par le FRC, Financial Reporting Council, le régulateur britannique de l’audit, qui avait demandé aux entreprises de remettre leurs contrats d’audit en concurrence une fois tous les dix ans. Les principaux cabinets, qui avaient soutenu la décision de la FRC, se sont montrés en revanche sceptiques sur cette nouvelle échéance.
Selon David Barnes, responsable des politiques publiques au sein de Deloitte UK, «cette mesure a peu de chances d’améliorer la qualité d’audit ou de favoriser un surcroît de compétition, pas plus qu’elle ne bénéficiera aux actionnaires ou aux entreprises». Les coûts additionnels, estimés actuellement à 30 millions de livres, pourraient aussi s’avérer beaucoup plus élevés, selon KPMG.
Les «Big Four» ont en revanche accueilli avec soulagement la décision de l’autorité de la concurrence de ne pas rendre obligatoire une rotation d’auditeurs pour les entreprises, comme elle l’avait avancé dans un rapport d’étape publié en février. La commission n’a pas non retenu sa décision préliminaire d’exiger la présence de deux cabinets d’audit pour vérifier les comptes d’une entreprise. En revanche, elle a confié davantage de pouvoirs au FRC, chargé désormais de favoriser un surcroît de compétition dans le secteur.
Les grands cabinets d’audit britanniques ne sont pas pour autant sortis d’affaire : le projet de réforme européen en matière d’audit, actuellement à l’étude, pourrait se révéler plus sévère que la mouture britannique. Un rapport définitif doit être publié d’ici au 20 octobre prochain outre-Manche.
Plus d'articles du même thème
-
L'inflation en zone euro approche de 4%
La hausse des prix a dépassé les attentes en septembre, à +3,8%, tirée par la flambée de l'énergie. -
Les fonds obligations euro toutes maturités à la loupe #182
Dans la majorité, les performances des fonds de cette catégorie sont en forte baisse. Une stabilisation des taux pourrait contribuer à un retour dans des niveaux de rendement positifs. -
Anthropic pourrait lancer officiellement sa campagne d'introduction en Bourse dès la semaine du 9 novembre
L’entreprise d’IA doit rencontrer des investisseurs potentiels le 14 octobre à son siège de San Francisco.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Troisième acteDésindexer les retraites : faisons les comptes
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Restaurants à Paris : les nouvelles tables incontournables de la rentrée
Entre fusion asiatique, néo-bistrots, speakeasy clandestins et influences italo-japonaises, la scène culinaire parisienne se réinvente cet automne à travers de nouvelles tables audacieuses. -
Face à la colère des lycéens, le gouvernement recule sur les frais d’inscription en BTS et en classe préparatoire
Face au mouvement lycéen qui s’intensifie, l’exécutif est revenu sur l’instauration de frais d’inscription dans les CPGE et les BTS, qui sont aujourd’hui gratuits, a contrario des universités. La mesure aurait permis de rapporter plus de 30 millions d'euros à l'Etat.