Le redémarrage des opérations de private equity a fait long feu en 2013

La reprise du secteur, entamée fin 2012 et confirmée par les gros retraits de cote de début 2013, s’est en partie essoufflée
Amélie Laurin

L’année 2013 a battu de peu 2012. Les rachats d’entreprises menés l’an dernier par des fonds de capital-investissement ont augmenté de 4% pour atteindre 274 milliards de dollars (200 milliards d’euros), selon les données compilées par Preqin. En volume, le nombre d’opérations annoncées a diminué de 11%, à 2.836. Chaque trimestre a donné lieu à 700 opérations mais leur valeur agrégée n’a cessé de décroître.

Après un premier trimestre à 91 milliards de dollars, le plus haut niveau d’activité depuis l’automne 2007, les trois derniers mois de l’année ont plafonné à 53 milliards. Un an plus tôt, sur la même période, 843 opérations avaient été recensées, pour un total de 80 milliards de dollars. La reprise amorcée alors, après le pic de la crise de la zone euro et les inquiétudes sur la dette américaine, aura été de courte durée.

Au premier trimestre 2013, le marché a été porté par les retraits de cote du ketchup Heinz (28 milliards de dollars) et des ordinateurs Dell (24,9 milliards). Les deux groupes américains ont représenté à eux seuls 58% de l’activité des fonds sur cette période. Pour l’ensemble de l’exercice, les opérations de public to private ont concentré 31% du marché en valeur, contre seulement 12% en 2012. Au cours de ces deux années, elles n’ont pourtant représenté, en nombre, que 2% des reprises d’entreprises par les fonds.

Le poids des LBO (leverage buy-out) a mécaniquement baissé. S’ils représentent toujours autour de 40% des deals, leurs valeur agrégée est passée de 58% à 43% d’une année sur l’autre. Le plus gros, le rachat de l’enseigne de distribution Neiman Marcus par TPG et Warburg Pincus pour 6 milliards de dollars, est ainsi relégué en quatrième position des méga-deals, après trois retraits de cote. Derrière l’Amérique du Nord, l’Europe a connu moins d’opérations l’an dernier (-4%) mais leur valeur agrégée a crû de 6%. Le montant moyen par opération est ainsi passé de 203 millions à 228 millions de dollars. L’Allemagne a dominé le marché continental avec quatre LBO d’au moins 1,5 milliard d’euros: SpringerSBM, Ista et CeramTec au premier semestre, Scout 24 au second (voir tableau).

Pour 2014, Preqin prévoit un regain des LBO en raison des réserves des fonds, qui disposent d’un trésor de guerre de 399 milliards de dollars à fin 2013, et de l’augmentation des crédits disponibles pour financer les plus gros deals.

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