Le rebond du marché immobilier pourrait faire les beaux jours de Blackstone

Après une chute de 70 %, l’investissement dans les hôtels Hilton serait rentable, et l’immobilier doperait les résultats du groupe publiés jeudi
Patrick Aussannaire

Acheter au son du canon, vendre au son du clairon. Sagesse boursière orchestrée par le géant Blackstone, qui mise gros sur le rebond du marché immobilier. Le groupe serait en effet sur le point de finaliser un accord avec les propriétaires de l’hôtel Del Coronado situé près de San Diego pour restructurer les 630 millions de dollars de dette de l’établissement et en prendre ainsi le contrôle. Blackstone apporterait 100 millions en capital et convertirait 20 millions de dette mezzanine en actions. Avec l’apport fourni également par les propriétaires actuels, dont KKR, la dette de l’hôtel serait ramenée à 425 millions de dollars et Blackstone détiendrait in fine une participation d’environ 50%.

Parallèlement, Blackstone est toujours en négociations pour racheter les actifs américains du géant australien, Centro Properties Group (CPG), valorisés dans ses comptes à 9,5 milliards de dollars australiens (7,3 milliards d’euros). Plombé par un endettement de 18,4 milliards pour des encours de 18,6 milliards, CPG constituerait une cible de taille, idéale pour étoffer la stratégie de Blackstone. Le bras immobilier de la société, Blackstone Real Estate Advisors, a ainsi souhaité profiter de ses débuts difficiles avec le rachat d’Equity Office Properties en 2007 pour 39 milliards de dollars, pour étoffer ses investissements en rachetant 275 propriétés industrielles au second semestre 2010.

Et la stratégie commence déjà à payer. Alors que l’investissement record de 6 milliards de dollars dans la chaîne d’hôtels de luxe Hilton réalisé avait perdu 70% de sa valeur l’année dernière, le Wall Street Journal rapporte qu’il serait aujourd’hui devenu rentable, et qu’une IPO est même envisagée. La branche immobilière pourrait ainsi jouer un rôle moteur dans les résultats de Blackstone qui seront publiés jeudi. Le portefeuille immobilier global du groupe aurait même enregistré des gains de 40% sur le trimestre.

La chute historique des prix immobiliers durant la crise laisse un fort potentiel de rebond. L’indice Case Shiller des vingt grandes villes américaines a ainsi montré qu’en novembre, les prix étaient encore 30,9% inférieurs à leur plus haut d’avril 2006 malgré une stagnation depuis quelques mois. Ils restent néanmoins de 42% supérieurs à leur niveau de janvier 2000, soit une hausse annuelle moyenne de 3%, contre 6% en janvier 2006.

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