Le ratio de levier sous Bâle 3 risque de pénaliser le financement export
La future réglementation de Bâle 3 n’en finit pas de provoquer des dommages collatéraux dans les banques. Dernière victime relevée, les activités de financement à l’exportation et du commerce international qui, si les règles restaient en l’état, verraient leur exigences en capital multipliées par cinq…
Très présents sur ce marché, les établissements britanniques sont les plus virulents. A l’approche du G20 de Séoul, HSBC, Standard Chartered et RBS ont redoublé leurs efforts de lobbying. La semaine dernière, HSBC s’est ainsi déclaré incapable d’établir des projections des ratios de solvabilité sous Bâle 3 en raison du traitement dont fait l’objet l’activité.
Ces craintes sont relayées par leurs homologues continentaux. «Les banquiers européens ont exprimé leur inquiétude quant au coût des mesures de Bâle 3 sur le financement à l’exportation et du commerce international, qu’elles pourraient rendre beaucoup plus onéreux, conduisant ainsi les acteurs de taille modeste à sortir du marché et les plus importants à limiter leur production de prêts – un point de vue soutenu par de nombreux économistes», explique la Fédération bancaire européenne dans un communiqué. A la fois juge et partie, Standard Chartered estime que Bâle 3 pourrait entraîner une chute de 2% du commerce international.
En son état actuel, la nouvelle réglementation affecterait cette activité à travers le ratio de levier qu’elle lui impose. Elle oblige les banques à immobiliser en fonds propres l’équivalent de 100% de leurs engagements dans cette catégorie de prêts, soit cinq fois plus que le niveau requis actuellement (20%).
Une exigence qui paraît injustifiée aux yeux des professionnels. En effet, Bâle 3 traite le financement export de la même manière que toute autre catégorie de créance. «Or, le risque d’un financement export est faible, puisqu’il est garanti par la marchandise. Il est pourtant traité de la même manière qu’un prêt ‘en blanc’. Cela illustre l’iniquité du ratio de levier», estime un banquier.
L’espoir de modifier la règle d’application du ratio est mince, puisqu’«il est fondé sur la non-prise en compte de différences entre classes d’actifs, poursuit le banquier. Nous pouvons espérer discuter d’une modification dans la directive CDR IV sur les fonds propres des banques».
Plus d'articles du même thème
-
L’économie américaine est suspendue aux élections de mi-mandat
Alors que Donald Trump fait face à une impopularité record sur fond de pouvoir d’achat miné par l’inflation et la guerre en Iran, les élections de mi-mandat du 3 novembre menacent de faire basculer le Congrès. -
La fièvre des matières premières ne faiblit pas
Le récent repli des matières premières, en raison des tensions sur les taux et la hausse du dollar, ne les empêche pas d’afficher une performance historique cette année, à des plus hauts depuis le super cycle de 2000. -
Les dettes bancaires souffrent du «sell-off» obligataire sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
EditorialLa souveraineté, comme un cabri
Jeannette zu Fürstenberg, présidente de General Catalyst, cite le Général à propos de ce qu'elle préfère appeler l'autonomie stratégique : « Je ne suis pas anti-américain, je suis simplement anti-dépendance » -
Entre deux chaisesLes souverainistes de retour à la tête d'un Québec plus anti-indépendance que jamais
Les souverainistes du Parti québécois ont remporté les élections législatives dans la province lundi. Ils promettent un référendum pour se séparer du Canada, au moment où l'indépendance n'a jamais été aussi impopulaire dans les sondages -
Budget : en quête de crédibilité, Marine Le Pen ne renonce pas à la radicalité
140 milliards d’euros d’économies, une règle d’or, des marchés à rassurer : le RN promet une mue gestionnaire en vue de 2027. Mais derrière la peinture budgétaire, les marqueurs radicaux demeurent, sur fond d’affaire Bardella qui hante encore le parti