Le ralentissement économique est temporaire selon l’OCDE
L’OCDE juge le ralentissement de la croissance économique au premier trimestre temporaire et laisse la plupart de ses prévisions inchangées, a indiqué l’organisation des pays riches dans un rapport publié ce mercredi matin.
Pour 2018, l’Organisation de coopération et de développement économiques a révisé en légère baisse sa prévision de croissance mondiale en raison de la baisse de régime intervenu en début d’année au Japon et en Europe. Globalement , le château de la Muette reste optimiste sur son évolution à court terme mais insiste toujours sur la nécessité pour les gouvernements de mettre en oeuvre des réformes structurelles pour consolider cette croissance dans le temps et atténuer des risques qui restent importants.
Ses économistes n’anticipent plus que 3,8% de hausse pour l’activité dans le monde cette année, soit 0,1 point de moins que dans leurs précédentes prévisions du mois de mars . Ils ne changent rien en revanche à leurs attentes pour 2019, toujours calées à 3,9%.
La révision pour 2018 tient pour l’essentiel à la zone euro et au Japon. L’OCDE n’escompte plus que 2,2% de croissance dans la première (dont 2,1% pour l’Allemagne et 1,9% pour la France) et 1,2% chez le second, soit des baisses de respectivement 0,1 et 0,3 point par rapport à mars.
Mais elle table toujours sur 2,9% de croissance aux Etats-Unis, dont l'économie est dopée par la réforme fiscale de l’administration Trump. Elle ne change rien non plus à ses anticipations pour la Chine (6,7%) mais revoit en hausse les perspectives de croissance de l’Inde (+0,2 point à 7,4%).
Pour l’OCDE, le ralentissement constaté au premier trimestre s’est concentré sur les pays développés et tient pour une part à des facteurs temporaires comme une météo difficile, même si les inquiétudes liés aux risques de guerre commerciale ont peut-être nourri des incertitudes chez les acteurs économiques, les amenant à différer des investissements.
Le rebond des prix du pétrole a sans doute aussi, selon elle, contribué à la faiblesse récente de la consommation des ménages. Mais son impact devrait se dissiper rapidement.
Pour 2019, les dernières prévisions de l’organisation sont globalement stables par rapport à celles de mars, avec une croissance attendue de 2,8% aux Etats-Unis, 2,1% en zone euro et 6,4% en Chine qui devrait permettre de ramener le taux de chômage de la zone OCDE à 5,1%, son niveau le plus bas depuis 1980.
Elle est légèrement plus optimiste pour le Royaume-Uni (+0,2 point à 1,2%), le Canada (+0,2% à 2,2%) et le Brésil (+0,4 point à 2,8%).
Mais elle révise en baisse ses projections sur l’Allemagne (-0,1 point à 2,1%) et l’Italie (-0,2 point à 1,1%), même si, pour ce dernier pays, elle dit ne pas prendre en compte un impact éventuel de la crise politique actuelle qui pourrait modifier la donne.
Pour l’OCDE, la croissance de l'économie mondiale a retrouvé un rythme de croisière proche de 4%, qui est sa moyenne des dernières décennies. Elle relève que, contrairement aux épisodes précédents, où elle avait été nourrie par des gains de productivité, elle doit son regain de vigueur uniquement aux politiques monétaires très accommodantes menées par les grandes banques centrales pour sortir de la crise, auxquelles ont succédé depuis peu des politiques budgétaires à nouveau expansionnistes.
Plus d'articles du même thème
-
Jerome Powell a su rester droit dans les tempêtes
Son mandat de président de la Fed se termine ce vendredi 15 mai. Il aura fait l’objet de critiques sur son biais plus «accommodant» en 2021. Des critiques cependant plus faciles a posteriori au vu de la complexité des chocs exceptionnels auxquels il a été confronté depuis 2020. Et que le banquier central a réussi à piloter en évitant les récessions. -
Le Japon doit gérer une relance économique sous contrainte démographique
Le rapport de l’OCDE sur l’économie japonaise recommande une politique de modernisation afin de stimuler la croissance et la productivité d’un pays vieillissant et en manque de main-d'œuvre. -
La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Donald Trump se rend en Chine durant deux jours pour rencontrer Xi Jinping. C’est un moment clé pour apaiser les tensions commerciales ou géopolitiques mondiales. Mais il est difficile d’en imaginer l’issue tant le rapport de force entre les deux pays s’est rééquilibré depuis la guerre tarifaire et le conflit en Iran.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Le pape Léon XIV se rendra en France du 25 au 28 septembre prochain pour une visite d’Etat
Selon les informations du Monde, Léon XIV devrait se rendre à Lourdes en plus de Paris. La visite d’un troisième lieu est envisagée. Il s’agira du premier vrai voyage d’État d’un pape en France depuis le dernier séjour de Benoît XVI en 2008 -
Profil basProjet de loi sur la justice criminelle : mouvements féministes et avocats font reculer Gérald Darmanin
Le garde des Sceaux est prêt à amputer son texte de sa mesure-phare, le plaider-coupable criminel pour les viols -
Noeud gordienPourquoi Taïwan reste l'enjeu majeur des relations entre les Etats-Unis et la Chine
En mettant ce dossier au cœur de ses échanges avec Donald Trump, Xi Jinping a rappelé que rien ne serait possible sans une prise de distance de Washington à l'égard de Taipei