Le rachat de Smithfield par le chinois Shuanghui est loin d’être bouclé
Le rachat du producteur américain de porcs Smithfield Foods par son homologue chinois Shuanghui fait face à plusieurs obstacles. Cette opération de 7,1 milliards de dollars dette incluse, qui serait la plus importante acquisition effectuée par une entreprise chinoise outre-Atlantique, devra passer sous les fourches caudines du comité pour l’investissement étranger aux Etats-Unis (CFIUS), instance fédérale composée de représentants de plusieurs ministères, qui doit statuer sur le danger potentiel de cette transaction pour la sécurité du pays.
Dans le contexte des nombreux scandales alimentaires ayant éclaté en Chine ces dernières années, certains additifs illégaux avaient été découverts en 2011 dans des produits impliquant une filiale de Shuanghui. Le directeur général de Smithfield Larry Pope considère qu’en augmentant les débouchés à l’export du groupe américain vers le marché chinois, «l’opération permettra aux nouveaux propriétaires d’améliorer leurs pratiques en matière d’élevage du bétail et de transformation de la viande».
Tout en admettant que cette industrie n’est pas un sujet aussi sensible que les télécoms ou la défense, Ken Goldman, analyste chez JPMorgan, estime que la transaction serait compromise «si le CFIUS en conclut que la prise de contrôle par un groupe chinois du premier éleveur porcin américain présente un risque en matière d’approvisionnement alimentaire».
Selon le Wall Street Journal, ce facteur provoque aussi des craintes à Hong Kong, notamment au sein de la communauté des expatriés qui considèrent la viande importée d’Amérique du Nord ou d’Australie comme plus sûre que celle en provenance de Chine continentale, qui assure 90% des besoins de la mégapole en produits carnés.
Un autre obstacle serait l’émergence d’une offre supérieure aux 34 dollars par action proposés par Shuanghui, qui valorise sa cible 7,4 fois son Ebitda estimé en 2013. Smithfield a d’ailleurs la possibilité de poursuivre des négociations entamées avec d’autres repreneurs potentiels, l’indonésien Charoen Pokphand Foods et le brésilien JBS.
En cas de rupture avant 30 jours de l’accord conclu avec Shuanghui, le groupe américain devra lui verser une indemnité de 75 millions de dollars, portée à 175 millions par la suite, selon Bloomberg qui se réfère à une personne proche du dossier. Cette source précise qu’aucune indemnité de rupture ne serait due en cas de blocage de l’opération par le CFIUS.
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