Le quatrième LBO sur Bureau van Dijk fait s’envoler le levier de dette
Après avoir enregistré un deuxième trimestre particulièrement tonique, le marché européen du LBO vient de vivre une nouvelle transaction d’envergure, dont le financement confirme l’augmentation sensible des leviers de dette dans ce type d’acquisitions.
La société de gestion scandinave EQT Partners a annoncé son entrée en négociation exclusive avec Charterhouse Capital Partners en vue d’acquérir Bureau van Dijk (BvD), un éditeur néerlandais d’informations financières. L’acquéreur, conseillé par Goldman Sachs, ajoute que l’opération devrait être conclue en septembre. Charterhouse était conseillé par HSBC. Si aucun montant n’a été officiellement communiqué, il devrait être sensiblement supérieur au milliard d’euros.
En effet, pour réaliser la transaction, EQT Partners aurait sollicité 820 millions d’euros de dette, selon plusieurs sources bancaires citées par Reuters. Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC et ING seraient les arrangeurs de ce financement, composé d’une tranche prioritaire garantie (first lien) de 595 millions d’euros (émise en euros, livres sterling et dollars) et d’une tranche second lien de 225 millions d’euros, émise en euros et en dollars, qui aurait été souscrite par un fonds de dette de Goldman Sachs. A cela s’ajoute la mise à disposition d’une ligne de crédit renouvelable de 25 millions.
Quelle que soit la valeur d’entreprise définitive de BvD, ce montage fait apparaître un multiple de dette particulièrement élevé: il atteindrait 5,5 fois l’Ebitda de la société pour la tranche senior et 7,6 fois au total (en dehors de la ligne renouvelable).
Sachant que pour des LBO de cette taille, la dette est actuellement rarement inférieure aux fonds propres engagés par le fonds acquéreur, on peut supposer que la valeur d’entreprise de BvD n’excède pas 1,6 milliard d’euros.
Fondé en 1991, l’éditeur a vu sa valeur s’accroître considérablement au fil des LBO qu’il a vécus; il a ainsi permis à ses propriétaires successifs de réaliser de fructueuses opérations financières.
BvD avait été valorisé 370 millions d’euros en 2004 par Candover, qui avait pris le contrôle de 60% de son capital. La société d’investissement cotée britannique l’a vendu trois ans plus tard à BC Partners pour 714 millions. Ce dernier l’a à son tour cédé à Charterhouse en 2011 au prix de 990 millions d’euros (dont 510 millions de dette), ce qui lui a permis de doubler le montant de son investissement en fonds propres.
Plus d'articles du même thème
-
Finary intègre un nouvel assistant IA à son application
Grâce à cette nouvelle fonctionnalité, chaque utilisateur peut interroger l'IA pour obtenir des analyses et des projections personnalisées de son patrimoine financier. -
Vetoquinol et Virbac bondissent en Bourse sur des perspectives favorables
Vetoquinol a publié des comptes semestriels meilleurs que prévu. Son action en profite et entraîne celle de Virbac dans son sillage. -
Un grand test de l’automne pour les banques centrales
Entre une inflation – pour l’instant surtout liée à un choc d’offre exogène pour la zone euro et le Royaume-Uni – et des taux longs très élevés qui durcissent naturellement les conditions financières, les grandes banques centrales pourraient sans doute être un peu plus patientes que ne l’attendent les marchés. Mais dans un contexte très favorable à la «dominance budgétaire», ces derniers ont besoin de certitudes sur l’indépendance des gardiennes des monnaies.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
« En faire des laboratoires » : à quoi servent les « territoires d’électrification » annoncés par le gouvernement ?
L’exécutif a sélectionné une centaine de collectivités territoriales où le plan d’électrification annoncé en avril dernier doit être mis en œuvre en priorité. -
AmbitionTrois conseils de l’Apec pour viser un poste de direction après 50 ans
A 50 ans plus encore qu’à 30, il est recommandé de faire sien cet adage : « Vendez la flamme, pas le briquet ! » -
Tribune libreLa souveraineté numérique, un fantasme des politiques non partagé par les patrons
Washington ayant fait marche arrière, l'épisode de la restriction d’accès aux modèles surpuissants a été rangé au rayon des orages passagers, pas du changement de climat