Le projet de fusion entre EADS et BAE servira les intérêts des banques conseils
Le projet de fusion entre EADS et BAE Systems devrait apporter un bol d’air bienvenu sur un marché européen des fusions et acquisitions en repli de 39% depuis janvier. Sur la base des cours actuels, cette opération de 15 milliards d’euros constituerait la deuxième plus importante transaction annoncée en Europe depuis le début de l’année, après la proposition de rachat de Xstrata par Glencore pour l’équivalent de 36 milliards d’euros.
Au niveau mondial, elle se situerait, selon Dealogic, à la quatrième place derrière les opérations sur Xstrata et sur le pétrolier américain Phillips. Elle serait également dépassée par l’OPA d’Anheuser-Busch Inbev sur le mexicain Modelo et par celle du pétrolier chinois Cnooc sur le canadien Nexen.
D’un point de vue sectoriel, la transaction serait la plus importante des quinze dernières années à l’échelle mondiale. Elle dépasserait légèrement le montant payé par Boeing en 1997 pour racheter McDonnel Douglas ou celui déboursé l’an dernier par United Technologies pour acquérir Goodrich.
Alors que BAE, issu voici treize ans d’une fusion entre les britanniques British Aerospace et GEC Marconi, avait par ricochet entraîné la création d’EADS sous la forme d’un consortium franco-germano-espagnol, le projet de fusion actuel vise au contraire à unifier un marché européen de la défense victime des politiques de rigueur menées dans de nombreux pays. Comme la baisse des budgets militaires touche également les Etats-Unis, le directeur général de Boeing Jim McNerney a jugé que ce rapprochement «pourrait entraîner une nouvelle vague de consolidation de l’industrie à l’échelle mondiale».
La complexité de l’opération sur le plan politique, réglementaire ou industriel devrait être du pain bénit pour les conseils financiers retenus, avec lesquels les parties prenantes sont en relation d’affaires depuis de nombreuses années. EADS a ainsi choisi Evercore, Perella Weinberg, BNP Paribas et Lazard, ce dernier étant plus particulièrement chargé des discussions avec le gouvernement français.
Pour défendre ses intérêts, BAE a de son côté engagé Morgan Stanley, Goldman Sachs et Gleacher Shacklock. Credit Suisse serait chargé d’émettre un avis indépendant des deux groupes, selon Bloomberg qui se réfère à une source proche du dossier. Sur le plan juridique enfin, Freshfields Bruckhaus Deringer conseillera le groupe britannique, ce rôle étant dévolu à Clifford Chance pour EADS.
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