Le private equity français entend renforcer ses engagements «responsables»
L’Afic, Association française des investisseurs pour la croissance, a dévoilé hier un premier baromètre en partenariat avec PwC, ayant vocation à être publié annuellement, sur les réalisations du secteur en matière d’ESG (environnement, social, gouvernance). «Les résultats sont encourageants», a estimé Chloé Magnier, chef économiste de l’Afic, soulignant toutefois un taux de réponse limité pour ce premier essai, à 15%, soit 40 personnes sur les 270 membres actifs de l’association.
La grande majorité (95%) des répondants, interrogés durant l’été, a ainsi initié une démarche ESG s’accompagnant le plus souvent de la signature des PRI (principes pour l’investissement responsable, initiés par les Nations unies). Une proportion de 90% a nommé une personne dédiée à ces problématiques, cette part étant portée à 100% pour les fonds gérant plus de 500 millions d’euros.
Par ailleurs, un quart des sociétés de gestion ont systématiquement recours à une due diligence environnementale lors d’un investissement, tandis que deux tiers des fonds l’utilisent dans certains cas, en raison de risques déjà identifiés ou du fait de l’activité de la société visée.
Outre l’augmentation du taux de participation, les objectifs du prochain baromètre seront d’établir un état des lieux plus segmenté, en fonction des montants gérés et de l’activité des fonds d’investissement et de permettre d’initier des «actions au niveau du club développement durable de l’Afic, plus ciblées en fonction des résultats», a indiqué Chloé Magnier.
Au sein de la profession, «la démarche ESG n’est pas encore tout à fait structurée, réfléchie et mise en valeur», estime Louis Godron, président de l’Afic. Pour autant, «il faut faire attention aux tendances extrémistes: le reporting ESG est important, mais pour certaines PME, la priorité est d’abord d’avoir un reporting de trésorerie», poursuit-il.
Si plusieurs initiatives ont déjà été prises par l’Afic, à l’image d’une charte des investisseurs en capital ou d’un livre blanc, plusieurs axes restent à développer, selon le président. Ce dernier entend notamment poursuivre la promotion des PRI auprès des sociétés de gestion et ouvrir le dialogue social. «Nous avons engagé une démarche plus structurée avec les syndicats», a indiqué Louis Godron. Un premier contact, avec la CGT, était prévu hier après-midi.
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